On le sait, être policier, ce n’est pas toujours aisé. Mais passer l’uniforme au grand écran, ça semble carrément effrayant !
Olivier Marchal nous avait pourtant prévenu. En nous entraînant dans les profondeurs des âmes torturées de ces bleus qui semblent lutter aussi bien contre le mal des rues que celui qui les ronge, l’ex-flic devenu réalisateur a su nous mener (durement mais brillamment) dans cette police au corps malade. Avec
Un Roman Policier,
Stéphanie Duvivier tente elle aussi d’aborder les arrières salles des commissariats. Bilan ? Décevant.
Dans une atmosphère chargée de tensions, de frustrations et de solitude, la réalisatrice nous mène dans un petit commissariat de banlieue, la nuit. Car il fait toujours nuit dans la vie de ces policiers et le manque de sommeil (ou de soleil) semble les transformer en animaux en mal d’on ne sait quoi. Une chose est sûre, ils ne vont pas bien à la brigade de nuit. Un lieutenant frustré aux désirs inavoués, un jeune stagiaire à la gâchette facile, un flic des stup’ rongé par l’amour et l’alcool, un ripoux mal embouché… Bref, des « nuiteux » qui dépriment, se querellent, se saoulent et tentent d’exercer un métier dont ils ont perdu toute confiance. Bien que remarquablement interprété, ce premier long-métrage de la réalisatrice semble osciller entre gros plans et douce luminosité, entre réalisme et sensualité mais sans jamais vraiment nous laisser entrer.
Reste à applaudir les acteurs (professionnels et amateurs) qui sonnent juste dans la solitude de leurs personnages. Reste également à soutenir cette jeune réalisatrice originaire du Maroc qui se dit
« ne pouvoir écrire un film où l’on n’emploierait que le français ». Mais reste aussi à espérer un deuxième essai plus convaincant…
Mathilde Grosjean