Critiques : Une employée modèle

    en DVD le 20 Octobre 2004

Notre critique : Une employée modèle

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Un chef d’entreprise qui doit vendre le projet de toute une vie à des américains très très méchants, se fait mettre dehors par sa femme vieille et ridée, et tombe dans les bras d’une jeune princesse sortie de nulle part déposée sur sa route. "Thriller psychologique" dit la fiche. Très bien. Seulement on est plus proche d’un téléfilm que d’un film angoissant qui nous triture le cerveau.

    Si certains noms connus peuvent nous attirer vers ce film, comme François Berléand ou Philippe Rombi -le compositeur attitré de François Ozon, on est loin du suspense attendu. Car le problème, c’est que si cette musique (petites notes angoissantes qui s’égrènent doucement…) marche chez Ozon c’est parce que la caméra suit ses mouvements, la sublime, la dépasse, la mystifie. Ici, rien de tout cela. Jacques Otmezguine ne nous fait ressentir aucune émotion… Tout est caricatural, tout sonne faux : du jeune fougueux près à vendre son âme pour réussir, à l’épouse lassée d’un mari trop distant, en passant par le bon copain près à rendre service… Avec leurs mimiques fixées sur leurs visages comme des masques de carnaval, les rôles ne collent à la peau de personne, les acteurs récitent sans conviction des dialogues peu profonds.

    On a envie d’en rire, mais on en pleurerait presque de tant de maladresses. Parfois involontaires, si l’on n’en juge par les petits clins d’œil cinématographiques qui parsèment le film. Plus souvent mal utilisés qu’inutiles, ils ne font que ramener UNE EMPLOYEE MODELE à son statut premier. Jacques Otmezguine n’avait sans nul doute pour seul objectif de rendre hommage à ses pères… Mais lorsque Delphine Rollin patauge dans la Fontaine du Sacré Cœur, on ne peut que ressentir un petit pincement de cœur en pensant à la belle Anita Ekberg dans La Dolce Vita de Fellini. Tout comme François Berléand lorsqu’il creuse son trou au milieu de la forêt ne peut que rappeler à nos mémoires son rôle d’idole de Guillaume Canet.
    Et il faut bien avouer que le slow mielleux de Pierre Bachelet vient rapidement à bout de nos nerfs. Tout comme l’interprétation de cette jeune comédienne qui ne s’en sort pas très bien, surtout lorsqu’il s’agit de changer d’expression sur son visage d’enfant battue… Et François Berléand en crève-cœur qui se bat à mort pour sa dulcinée, ça c’est du cinéma ! A l’heure des fights dans les airs contre 70 méchants qui se ressemblent étrangement, un combat sur la moquette contre un blouson noir mal rasé, orchestrée par une série de coups de poings dans une valise et faux coups de pieds dans le ventre… On est à la limite du ridicule.

    Tout ça est bien dommage. D’autant plus quand l’on nous murmure délicatement à l’oreille à l’aide d’un mégaphone la fin du film dès les dix premières minutes. Alors quoi qu’on en dise : gros flingue, grand méchant très méchant, mauvais accent américain et poitrine dénudée ne font pas toujours un film…
    Aurélie Maulard

Critiques : Une employée modèle

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    Chronic’art :
    "Tout, dans le film de Jacques Otmezguine, sent les soldes, de la mise en scène miteuse par moments, flasque le reste du temps, aux personnages sans envergure en passant par un sous-texte naïf donnant une fade couleur politique à l’ensemble."
    Jean-Philippe Tessé (article entier disponible sur le site de Chronic’art)

    Le Monde :
    "Psychologique en diable, le film perd vite sa dimension de thriller et devient simplement l'histoire d'une crise de la cinquantaine un peu difficile à passer."
    Florence Colombani (article entier disponible sur le site de Le Monde)
 

Avis des Spectateurs

Moyenne :  étoiles
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