Pour ses débuts de réalisateur,
Thierry Klifa réunit pour la première fois à l’écran
Nathalie Baye et
Patrick Bruel, couple, amants, amis et ex dans cette comédie sentimentale plus dramatique que drôle.
Le réalisateur choisi de greffer autour de ses deux protagonistes principaux une multitude de petites histoires. Ce qui en fait des personnages très complets, à l’entourage et au passé développés. Mais il manque à chaque fois le point d’intérêt crucial, celui qui nous permettrait de lier toutes ces histoires ensemble.
Ainsi, on ne sait pas ce qu’il advient des pères, vaguement abordés, puis vite oubliés… visiblement mort pour certains, disparus pour d’autres, mais pourquoi, comment, depuis quand, on ne le saura jamais. De même, cet enfant, Jérôme, dont Jeanne parle dès le début du film, nous ne serons jamais son âge, et ne pourrons donc pas le lier directement à l’histoire en cours.
Au lieu de cela, le scénario développe d’autres points comme le petit frère dépressif d’Alex, ou le restaurant qu’Alex tient avec lui et sa meilleure amie. Bien que très présentes dans le scénario, toutes ces précisions n’apportent finalement pas ou peu au récit principal, ne faisant pas avancer la trame du film…
Tout ceci était bien sûr peut être volontaire de la part du réalisateur mais il manque au spectateur un ou des éléments, un (vrai) retournement de situation, des (vraies) questions sur l’avenir des personnages qui évoluent à l’écran. Leur histoire paraît être compliquée, mais apparaît finalement comme très simple à nos yeux, trop simple.
Le film tourne vite en rond et les situations du couple-vedette, jouant au "Je t’aime, moi non plus", les changements continuels d’avis et de directions agencent, et l’on se demande s’ils finiront un jour pas se décider.
Pour son premier long-métrage,
Thierry Klifa a eu beau appliquer à la lettre tous les codes du genre, il ne parvient pas à séduire complètement le spectateur. Ne réussit pas un film choral du premier coup qui veut.
Amélie Chauvet