Il est difficile pour un long-métrage d’atteindre la perfection d’un livre, surtout quand celui-ci s’intitule
Vipère au poing et que son auteur n’est autre qu’Hervé Bazin. Et pourtant le réalisateur
Philippe De Broca et la scénariste
Olga Vincent parviennent à toucher, émouvoir et transmettre avec sincérité l’histoire de cet enfant Jean Rezeau dont l’enfance fut ravagée par la froideur et la haine d’une mère farouchement méchante.
Le long-métrage VIPERE AU POING n’est heureusement pas une retranscription parfaite et en images de l’histoire écrite par Hervé Bazin, ce qui aurait été manquer de modestie... Le cinéaste a justement su filmer en apportant sa touche personnelle, sa vision du roman, en adaptant certaines émotions décrites par l’auteur en scènes imaginées ou en reprenant d’autres séquences telles qu’elles sont vraiment dans le livre. Le film peut dès lors, suivre un chemin qui lui est propre et exister non pas seulement, comme une adaptation, mais comme un long-métrage à part entière.
Philippe De Broca réussit, de plus, par son choix d’acteurs et par sa mise en scène à donner une dimension humoristique au drame tragique qui se joue dans le film.
VIPERE AU POING réunit un casting de premier ordre.
Catherine Frot joue avec beaucoup de plaisir et de justesse la mégère Paule Rezeau, qui utilise tous les moyens à sa disposition pour faire de la vie de ses enfants un véritable enfer. L’actrice mêle avec verve humour et froideur, méchanceté et sensibilité, calme et malveillance. M. Rezeau, est interprété avec finesse par
Jacques Villeret qui campe les maris effacés, soumis, dociles et absorbés par l’étude des mouches… Déjà connu pour ses rôles dans
Monsieur Batignole,
Moi, Cesar 10 Ans _,
Jules Sitruk tient ici le rôle principal de Jean Rezeau et fait preuve d’audace et d’un jeu de qualité.
A noter aussi, la très belle musique composée par
Brian Lock, qui retranscrit avec beaucoup d’émotions l’ambiance dramatique du film.
Sohini Gogel