À l'heure où l'animation devient de plus en plus réaliste, les ogres verts, les poissons clowns et les monstres et compagnie de plus en plus réels,
Nick Park et
Steve Box illuminent les écrans avec leurs bouts de pâte à modeler délicieusement bien assemblés. Il aura fallu attendre seize longues années pour découvrir sur grand écran nos deux british favoris - Wallace, génial inventeur un peu pantouflard fana de crakers, de fromage et de crakers au fromage, et Gromit, son petit chien qui ne parle pas mais n'en pense pas moins. Habitués au format court, les voilà aujourd'hui propulsés dans une aventure d'1h25, génialement folle et follement géniale.
Difficile en effet de ne pas craquer pour ce film, tant pour son ingéniosité et son humour que pour son originalité. Loin de s'étioler au fil des minutes comme on n'aurait pu le craindre, la folie créatrice de
Nick Park ne s'en trouve que décuplée :
le mystère du lapin garou joue avec les codes des films d'horreur, multipliant les clins d'œil à
King Kong et autres
Frankenstein, sans jamais tomber dans la parodie ou le ridicule... Et les inventions de Wallace sont plus loufoques et plus déjantées les unes que les autres : formidable aspi-garenne, meilleur moyen de protéger vos plantations contre les affreuses bêtes aux grandes oreilles et aux quenottes acérées prêtes à dévorer votre potager ! Les serres de ces jardins anglais sont mieux protégées que la Banque de France, les personnages tous plus loufoques les uns que les autres, du curé à la petite vieille en passant par le grand méchant Lord Quatremains et son pitbull de chien, et le scénario, riche en rebondissements, est tout bonnement fascinant. D'autant que nos deux (super) héros, loin d'avoir pris la grosse tête, sont fidèles à eux-mêmes.
On ne s'ennuie donc pas une minute dans ce « premier film d'horreur végétarien », furieusement drôle, touchant et captivant. En jonglant entre comédie, polar, horreur et fantastique, le film de
Nick Park interpelle tous les âges - de quoi faire rire les petits, les grands et les grands enfants. Enfin, on ne peut que saluer les heures, les semaines, les mois de travail acharnés des créateurs et des techniciens de chez Aardmann pour animer, images par images, ces petits bonhommes en pâte à modeler… Quatre ans après les poulettes de
Chicken Run, on ne peut qu'une nouvelle fois fondre devant ces nouvelles aventures so british, des étincelles plein les yeux et le sourire aux lèvres.
N'hésitez pas une minute à mettre la main à la pâte !
Aurélie Maulard