Les Fourmis rouges raconte le manque, le deuil inachevé, l'absence douloureuse. Il nous rappelle aussi qu'après la disparition il y a la vie, et que la mort d'un être peut mener au-delà de la négation de soi, de la survie. Enfin, il brosse le portrait de deux jeunes qui assument malgré eux le rôle des adultes. Ensemble, ils vont dépasser la souffrance morale et trouver le chemin du retour à la liberté, du retour à la vie.
Frédéric Pierrot (Une Hirondelle A Fait Le Printemps) est extrêmement touchant dans sa détresse inavouée et silencieuse. Déborah François (La Tourneuse De Pages), dont le jeu peut déranger, campe admirablement la jeune fille désemparée, livrée à elle-même et en recherche d'identité. Le personnage incarné par Julie Gayet sonne juste. Il souligne parfaitement la non acceptation de la mort : Franck ne peut pas oublier, passer à autre chose. Et Arthur Jugnot nous attendrit en jeune homme passionné de musique, étouffé par sa tante et replié sur lui-même.
Après plusieurs courts-métrages récompensés, le réalisateur belge Stéphan Carpaux nous présente ici son premier long métrage. Il a obtenu le Trophée du 1er scénario - Promesse de nouveaux talents au CNC en 2002. En filmant des regards, des visages, des portraits, il nous livre UNE OEUVRE INTIMISTE ET AUTHENTIQUE QUI PROCURE DE BELLES EMOTIONS.