Le producteur Greg Mooradian a lu Fascination avant que le roman ne devienne un best-seller mondial - avant même, en réalité, que le livre ne soit publié.
"Mon boulot, en tant que producteur, c'est de dénicher la perle rare," explique-t-il. "Je lis beaucoup de manuscrits avant qu'ils ne soient publiés. Quand celui-ci a atterri sur mon bureau, je l'ai lu d'une seule traite. L'histoire de cette jeune fille qui tombe amoureuse d'un vampire m'a fasciné. Et le livre est incroyablement efficace."
Le tour de force de Stephenie Meyer - une mormon, détail important au regard de la « rigueur » apparente des sentiments des protagonistes de la saga Twilight - est d'avoir créé une histoire d'amour passionnante basée sur le désir (amoureux, physique, hédonique) et - surtout - sur la difficulté, voire l'impossibilité, d'assouvir ce désir (métaphorisé par le vampirisme).
Loin de développer une bluette transparente, Meyer explore (dans une prose pas toujours bien maîtrisée, certes) le tourbillon déchirant de l'adolescence : le manque de confiance en soi, la peur de la sexualité, l'impression d'être différent puis le soulagement (et la joie) d'être « l'élu » de quelqu'un.
L'auteur renouvelle en plus le mythe de Roméo et Juliette (les interdits, le danger mortel) à travers la passion irrépressible qui habite Bella et Edward, une passion qui les poussera, parfois malgré eux, à braver jusqu'à la mort pour être ensemble.
Le (jeune) public ne s'y est d'ailleurs pas trompé, touché en plein coeur par cette plongée dans l'enfer du désir refoulé qui rappelle tant la difficile période de l'adolescence.
La saga de Stephenie Meyer en 4 volumes s'est ainsi vendue à plus de 18 millions d'exemplaires dans 35 pays, occupant régulièrement la tête des ventes depuis plus d'un an.