Contrairement aux apparences, le film de
Sophie Fillières ne fait pas de mal. Ou alors seulement à André Dussolier qui s'embarque dans la plus loufoque des histoires de cœur… mais en tout cas le spectateur, lui, se régale ! Car l'humour décalé de AIE nous entraîne dans un film étrange et iconoclaste où l'amour flirte avec l'étrange et l'inconscient... Un long métrage qui d'ailleurs n'a rien perdu de sa couleur ni de son éclat lors de son passage au numérique. Les couleurs sont franches, brillantes et le son en dolby stéréo bien suffisant pour ce petit film sans prétention. Agréable à visionner, AIE est pourtant introduit par un écran de menu flashie auquel on pourrait reprocher la simplicité et le manque d'excentricité. Seuls les navigateurs en forme de tasse fumante ou de baba au rhum apportent une touche de burlesque dans une présentation un peu trop sage. Côté suppléments, l'interview de la réalisatrice et des acteurs principaux, filmée par Pascal Bonitzer, semble sortir tout droit d'un film de cinéma où les meilleurs amis du monde évoquent leurs souvenirs communs. Originale, cette conversation d'amis attablés dans un bar installe une atmosphère de franche camaraderie, de secrets partagés… et d'étrange théâtralité. Car à trop faire de mise en scène on a parfois du mal à y croire ! On aborde tout de même le choix du casting, de mise en scène, on apprend quelles scènes ont le plus marqué les acteurs… Questions auxquelles viennent s'ajouter anecdotes et souvenirs de tournage. Autre bonus, un court métrage de la réalisatrice, "Des filles et des chiens" : loufoque mais beaucoup moins burlesque, il permet cependant de découvrir les premiers pas cinématographiques d'
Hélène Fillières… et ceux d'une certaine Sandrine Kiberlain. Au final, un DVD un peu trop impersonnel pour un film qui résonne comme un coup de marteau sur le doigt. Ca va peut-être faire mal finalement.
Aurélie Maulard