Polémique à cause du télescopage entre le fond grave et la forme léchée, sortie salles bizarrement tuée dans l’œuf (plus d’un an après sa présentation en Sélection Officielle du Festival de Cannes), le sombre – mais utile -
Buenos Aires 1977 a décidément joué de malchance.
Wild Side Vidéo choisit toutefois intelligemment de souligner la portée historique d’un film à la limite du docufiction.
Après s’être pris une claque en regardant le long-métrage d’
Israel Adrian Caetano, on peut donc ensuite découvrir trois documentaires progressant crescendo dans l’implication politco-historique.
Une fois passé un making of traditionnel, mais détendu, on part à la rencontre des
Enfants de la violence, interviews du réalisateur et de
Rodrigo De La Serna lors du Festival de Cannes 2006. On est vite frappés par le sentiment de responsabilité qu’ils revendiquent envers une époque tragique mais méconnue tranchant avec leur jeune âge. On ressent leur urgence à alerter et « éduquer », ainsi que leur respect pour ces hommes, femmes et enfants disparus et sacrifiés sur l’autel du radicalisme politique.
On retrouvera, d’ailleurs avec une certaine émotion, deux de ces héros/victimes dans
Chronique d’une évasion : les vrais Guillermo (qui tient un petit rôle dans le film) et Claudio, incroyablement calmes et lucides malgré leur terrible aventure trente ans plus tôt.
Tout passe alors par leurs yeux… et le débat final qu’ils posent dignement sur la table (concernant l’idée d’un « pardon négocié » en échange d’informations sur les disparus et pour lequel ils sont en désaccord) résonne étrangement…
Eléonore Guerra