New York, 1977 : le producteur
Jacques Morali crée les
Village People pour attirer la communauté gay en parodiant les stéréotypes homosexuels de l'époque. Il recrute les go-go dancers Felipe Rose (l’indien), Alexander Briley (le militaire), Randy Jones (le cow-boy), David Hodo (l’ouvrier du bâtiment), Glenn Hughes (le motard) et Victor Willis (le policier), le seul membre du groupe à savoir vraiment bien chanter. Le groupe remporte du succès d'abord en Angleterre avec les singles
San Francisco (you got me) en 1977 et
Macho Man l'année suivante.
Y.M.C.A. et
In The Navy assoient définitivement la popularité du groupe. Ray Simpson puis Miles Jaye occupent la place de chanteur principal à la place de Victor Willis. Après une ascension fulgurante, le succès décline, notamment à cause de la participation des Village People au film qui leur est consacré :
Can't Stop The Music.
Le film, demeuré inédit en France, sort enfin en dvd, pour le plus grand plaisir des fans nostalgiques et des collectionneurs d’objets
kitch de toutes sortes. Réalisé en 1980,
Can’t Stop The Music relate « ce qu’aurait dû être » la genèse du groupe s’il avait été créé dans le monde merveilleux d’une
pink disco generation rêvée. Exit le plan marketing – trop matérialiste – et
welcome à un concept plus vendeur : la bande de copains mélomanes, fumant des pétards et attifée comme pour Mardis Gras.
Au programme : minis t-shirts, micros shorts, couleurs
flashy à vous brûler la rétine et bande son disco omniprésente. Bref, ambiance… Village People. Pour un petit film sorti du placard, image et bande son n’ont visiblement pas souffert de la compression sur support numérique. L’objet est de belle qualité, mais cruellement avare : absence totale de bonus là où on aurait aimé découvrir biographies, reportages ou clips musicaux.
Bon, c’est vrai, 26 ans plus tard, tout ce petit monde – très sympathique au demeurant – fait un peu ringard. Cependant, d’un point de vue sociologique, cette
Fièvre du Samedi Soir du pauvre offre un joli témoignage d’une époque certes criminelle au niveau vestimentaire, mais néanmoins empreinte d’une naïveté, d’une insouciance et d’une
Gay Attitude jubilatoire qui fait rêver… bien loin de la chape de plomb tombée quelques années plus tard avec le virus du SIDA.
Eléonore Guerra