Des bonus qui nous réconcilient avec le film
18 Mai 2008. Cannes. Sous une chaleur caniculaire, toute l’équipe d’
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est là. Là pour présenter le film hors compétition. Dix-neuf ans après
La Dernière Croisade il fallait oser. Oser ‘ressusciter’ un des plus célèbres aventuriers de l’histoire du septième art. Indy est de retour. Toujours le même… enfin presque… Veste en cuir, chapeau Fedora, fouet, holster et surtout quelques années en plus. Son retour était tant attendu. Résultat, à la sortie : le public en sort un peu frustré. Frustré d’avoir eu affaire à une histoire sortie tout droit de l’esprit de Monsieur
George Lucas. Même si
Steven Spielberg et
Harrison Ford ont approuvé, on en voudra toujours au créateur de
Star Wars d’avoir mélangé ses univers.
Et la sortie DVD permet de nous réconcilier avec le film. Avec son édition collector, les fans pourront apprécier l’envers du décor. Pendant plus de deux heures de bonus, on découvre toute la genèse du projet. Les yeux pétillants, on reste ébahis devant les coulisses d’un des films les plus attendus de cette année. De l’écriture à la réalisation en passant par la production et les maquillages, tout y est disséqués. Et petit à petit, on comprend, même si c’est difficile, cette histoire improbable entre ces crânes de cristal et l’aventurier. Là où les fans peuvent être rassurés, c’est par rapport au titre. Au cours de l’évolution du projet, plusieurs noms ont été évoqués comme
Indiana Jones et le fils d’Indiana Jones ou alors
Indiana Jones et les soucoupes volantes, du coup on se dit que le titre actuel est le moins pire de tous. Les fans les plus assidus auront certainement vu et revu les vidéos disponibles sur le site officiel de la saga, mais qu’importe, le plaisir est là. Les interviews d’
Harrison Ford,
Cate Blanchett,
Steven Spielberg,
George Lucas,
Shia Labeouf (entre autres) s’enchaînent. Rythmés par des anecdotes de tournage, on assiste alors à la chronologie des événements.
18 juin 2007. Le premier verre de champagne est levé :
Steven Spielberg annonce le début du tournage. L’émotion est là. La famille de la trilogie est quasiment au complet. Pas un bruit. Tous s’observent. Profitent de cet instant. Et puis, d’une voix sereine le premier « Action » est lancé par le réalisateur. Les premières répliques fusent. Rien n’a changé. Seulement quelques cheveux grisonnant à l’horizon, rien de plus.
Harrison Ford est en forme et comme à son habitude il fait la plupart de ses cascades. L’équipe se dirige ensuite à Yale pour tourner les scènes du Marshall College. Puis direction la jungle d’Hawaï pour retranscrire l’Amazonie. Les clins d’œil s’accumulent : Marcus Brody, le cours du professeur Jones, le fils Mutt (qui devait être une fille) et surtout le retour de Marion Ravenwood, l’amour de jeunesse d’Indy. Tout est évoqué. Enfin presque tout. On aurait aimé que
Steven Spielberg nous évoque le refus de Sean Connery ou d’un figurant blacklisté suite à sa langue trop pendue.
Les autres parties des bonus sont aussi passionnantes. Du maquillage aux effets spéciaux en passant par l’attaque des fourmis rouges sans oublier les accessoires… le spectateur découvre tout. Jusqu’au dernier verre de champagne levé par
Steven Spielberg qui marque la fin de tournage. En deux heures de bonus, on s’imprègne de cette convivialité. On fait partie de cette famille.
Les plus mauvaises langues diront que ce n’était pas utile de faire ce film, qu’ils ont tué la saga, qu’ils ont fait cela pour l’argent… D’un côté, c’est peut-être vrai. Mais
Steven Spielberg ne s’en ai jamais caché.
Indiana Jones Et Le Royaume Du Crâne De Cristal reste un film à part entière de la saga, à prendre simplement à la légère. Et puis il faut surtout rappeler le courage de Spielberg, Lucas et Ford d’avoir su relancer le mythe « Indy ». Et rien que pour ça : chapeau !
Laurène Guillaume