C’est un petit bijou de virtuosité que nous livre ici
Peter Jackson ! Que les fans du blockbuster se frottent les mains, le réalisateur s’est autant appliqué pour la conception du dvd que pour celle de son film qui fit un carton en salles. On applaudit le travail minutieux, au poil (de King Kong) près, tant au niveau de la compression numérique, que du choix du contenu des bonus.
Disque 1 - Le film
Un festival pictural
Que ce soient les scènes d’intérieur - dans le music-hall, sur le bateau - ou d’extérieur - à New York, sur mer ou sur Skull Island - toutes les palettes de couleurs sont restituées pertinemment pour donner une atmosphère propre à chaque lieu. C’est un festival pictural : du New-York sombre des années trente à l’île sauvage, à la fois menaçante et paradisiaque avec ses teintes d’aurore boréale. Rien ne vient troubler l’attention du téléspectateur qui voyage au fil de la romance, guidé par une image nette et purifiée.
Un son qui grrrrrrrogne !
Le montage audio participe également à cette immersion totale du téléspectateur dans l’aventure. En version française ou anglaise, tous les sons sont épurés et orchestrés magnifiquement, même si, relativement à sa masse corporelle, on s’attendait à ce que le roi des gorilles rugisse plus fort ! Mais consolons-nous, si c’était le cas, nous n’entendrions pas les cris d’effroi de la belle
Naomi Watts ou les appels de son amoureux transi campé par
Adrien Brody. Il faut reconnaître que les dialogues, les bruitages, et les thèmes musicaux qui ont la part belle dans le film, s’enchaînent et se chevauchent de manière magistrale.
Disque 2 : plus de 3 heures de bonus
Déjà largement satisfaits par cette version très soignée du film, par la navigation simple et le graphisme sensationnel de la page de menu, nous voilà aux prises avec un deuxième dvd qui contient plus de trois heures de bonus tous aussi passionnants les uns que les autres. The Show must go on ! Si le premier support contient également des bonus, nous les évoquerons juste pour préciser qu’ils sont purement anecdotiques et promotionnels contrairement au trésor informationnel présent sur la deuxième galette.
Dans son introduction,
Peter Jackson nous accueille chaleureusement pour nous expliquer comment naviguer dans ce dvd qui nous offre de nombreuses possibilités de consultation.
À travers les
« journaux post-production » ( publiés périodiquement en ligne sur kongisking.net avant la sortie du film en salles ), nous faisons connaissance avec les techniciens et nous nous familiarisons avec le déploiement technologique nécessaire pour concevoir un film tel que King-Kong. Nous suivons la destinée du film, des pick-ups à la capture des mouvements pour King Kong en passant par la conception des maquettes. Un document complet, grâce auquel on prend conscience de l’ampleur du travail après le tournage pour présenter une œuvre finie et cohérente.
S’ajoutent à cela deux autres documentaires :
« Skull Island : une histoire naturelle » et
« Kong’s New York, 1933 ».
Le premier nous ouvre les portes de l’imaginaire créé autour de l’île pour les besoins du film. Il nous livre plus de détails sur la faune et la flore fictives présentes sur ce morceau de terre perdu dans l’océan. L’équipe nous conte la légende de ce lieu née du fantasme de trouver un endroit sur terre encore vierge de toute visite humaine.
Le second résulte de la documentation sur le New York des années 30, utilisée pour rendre le remake de King Kong plus authentique. D’ordre sociologique, le documentaire pose les bases de la crise de 29 et de ses effets sur la population et la ville de New York. La grande dépression, le chômage, les expulsions, la prohibition, le boom des gratte-ciels, autant de thèmes abordés et retranscrits en toile de fond dans le film.
En somme, une bête du dvd ce Jackson ! Il nous gatte avec cette édition collector, réelle valeur ajoutée qui fait revivre le chef d’œuvre !
Gwendoline Jamesse