On pouvait croire qu'avec
Sympathy For Mr. Vengeance,
Park Chan-wook avait atteint le comble de l'horreur gratuite et délicieusement coupable. On s'était trompé, OLD BOY va plus loin, découpe, tranche, frappe, tue - et avait soulevé plus d'un estomac lors de sa sortie en salle. Inutile donc de mettre en garde les âmes sensibles… Quant aux amateurs de sensations fortes et de chair fraîche, le cinéaste leur a concocté un superbe coffret DVD à remuer les tripes. Bonus à foison, magnifique packaging, menus originaux, qualité technique exemplaire, il n'y a quasiment rien à redire.
Park Chan-wook doit lui aussi être un DVDvore averti car rien n'est laissé au hasard…
OLD BOY bénéficie en effet d'un
rendu sonore très énergique, bien équilibré, dynamique - surtout la version originale qui est plus naturelle et plus fidèle à l'image. Mais le DTS français s'en sort bien et rajoute une pointe d'agressivité aux scènes délicieusement violentes du film. La musique s'envole, les cris et les bruitages accentués juste comme il faut pour percevoir chaque petit craquement d'os… Côté
visuel, les images et la compression sont parfaitement nettes, les contrastes soignés et agréables. Les images sont légèrement plus ternes que la version cinéma mais cela n'altère en rien la vision du film.
Côté
interactivité, les menus sont simples mais très travaillés et particulièrement beaux? Bercés par une musique envoûtante, ils ont la bonne idée de différer selon les DVD. La navigation est simple, pratique. On nage dans le bonheur.
Impossible de résumer ici tous les
suppléments présentés sur ces trois DVD ! De l'écriture à la présentation à Cannes, du casting au tournage, des effets spéciaux aux décors, tout est scrupuleusement montré, analysé, expliqué. Sans jets de fleurs, ni passage de crème, ni trop de répétitions (c'est le risque des éditions très complètes), OLD BOY est tout simplement montré de l'intérieur - et il fait beaucoup moins peur, avec ses tripes à l'air ! L'équipe est calme, le tournage détendu, rien à voir avec l'ambiance décapante du film. En vrac, quelques passages à retenir : les explications tout simplement passionnantes d'un auteur dépassé par une œuvre qui lui échappe, les coulisses de certaines scènes cultes comme celle du calmar vivant, les séquences de lecture la clope au bec, l'humilité et le bonheur de l'équipe à Cannes… Seules les scènes coupées, non regrettées par le réalisateur n'ont qu'un intérêt mineur. Mais le reste s'apparente fort à vrai bijou de passion, de modestie, d'analyse - une vraie leçon de cinéma qui donnerait à tous l'envie de se plonger dans le septième art. Finalement, on ne devrait pas être si étonné : avec un tel film choc,
Park Chan-wook ne pouvait s'offrir et offrir qu'un DVD choc…
Aurélie Maulard