Se (re)perdre dans des ‘Etreintes Brisées’
Lena, jeune aspirante comédienne, met ses rêves de côté pour joindre les deux bouts. Elle cumule les petits boulots, oscillant entre call-girl et secrétaire pour le richissime entrepreneur Ernesto Martel. Après que ce dernier accepte de financer les soins de son père, Lena devient, presque par obligation, sa compagne officielle. Mais très vite, ses ambitions d’actrice refaisant surface, sa chance se présente enfin. Dès le début du tournage, Lena et le réalisateur, Mateo Blanco, tombent follement amoureux, mais leur liaison doit rester secrète car l’emprise d’Ernesto, qui ne supporte pas de voir Lena heureuse avec un autre, est écrasante. Quelques années après cette histoire d’amour jonchée d’obstacles, les mystères qui planaient autour de celle-ci finissent par refaire surface…
Dans
Étreintes Brisées, le style Almodovar, à la fois haut en couleurs, tragique et complexe, fait encore une fois mouche. Le résultat est tout simplement prenant, d’autant qu’il est servi par des habitués : outre
Penelope Cruz, on retrouve également
Lluis Homar, intrigant dans
La Mauvaise éducation,
Blanca Portillo, que l’on a pu voir dans
Volver, mais également
Lola Duenas et
Rossy De Palma, qui font de petites apparitions.
Mais, à première vue, l’édition
DVD ne semble pas des plus originales, les suppléments annoncés sont ceux de rigueur : des teasers et bandes annonces, une rencontre avec
Penelope Cruz signée Laurent Weil, le making of d’une scène, quelques scènes coupées et un court-métrage bonus. Pourtant, en y regardant d’un peu plus près, rien ne lasse dans ces bonus : les scènes coupées sont tellement longues et riches qu’on en vient à se demander pourquoi elles l’ont été, le court-métrage, longue diatribe sur le sexe du personnage de la conseillère aux affaires sociales, est tout simplement jouissif, et l’interview, certes un peu redondante, demeure plaisante à regarder. Des surprises qui permettront de découvrir, ou redécouvrir, quelques bribes de l’univers tellement particulier de
Pedro Almodovar.
Farah Youssouf