A la cinémathèque française (51 rue de Bercy, Paris 12ème).
(France)Festival du 08 Avril 2009 au 02 Août 2009
Résumé du festival Exposition Jacques Tati, Deux temps, trois mouvements
En trois courts et six longs métrages, Jacques Tati s’est imposé comme l’un des cinéastes burlesques les plus originaux et les plus inventifs. Une exposition lui rend hommage à partir du 8 avril.
=> Voir notre dossier Jacques Tati ou le burlesque à la française...
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Présentation de l'exposition
En 2007, Tati aurait eu cent ans…
En 2009, il aura 102 ans, le temps justement pour la Cinémathèque française de lui rendre hommage hors des commémorations obligées qu’il ne prisait guère. Un peu de retard… Quoi de plus normal pour celui qui a toujours pris un malin plaisir à entrer dans ses propres films à contretemps. L’année en tout cas que nous avons choisie pour honorer, au présent, son génie. 2009 donc, c’est le grand chambardement : exposition de 650 m2, films projetés en salle et dans le hall une signalétique joyeuse. N’était-ce pas le plus grand souhait de Tati de voir tous les arts du spectacle investir les lieux mêmes du cinéma ? Et quel plus bel endroit à Paris pour accueillir une exposition consacrée au réalisateur de Playtime que ce bâtiment fascinant de la Cinémathèque française conçu par Frank Gehry, que jouxtent un jardin potager, un manège d’enfant et les tours que Dominique Perrault a dessinées pour la Très Grande Bibliothèque ?
Les films de Jacques Tati sont désormais l’emblème même de la modernité. Espace, design, automobile, mode, architecture et sons interrogent dans ses films à la fois son présent et le nôtre. Désireuse de jouer avec Tati, la scénographie a donc été conçue par Macha Makeieff, à la fois dans le but de plaire, mais aussi de désorienter joyeusement le public, non sans penser, souvent, aux enfants visiteurs. Elle part de cette modernité affichée, à la fois critiquée et magnifiée, pour remonter aux débuts de Tati au music-hall, là où tout le cinéma burlesque s’est inventé ; elle place le spectateur-acteur dans une suite d’impressions visuelles et sonores singulières, dans un espace réinventé qui imagine, de station en belvédère, une déambulation en deux temps, couleur et noir et blanc, avec matériaux, objets et décalages surprenants, ceux d’une modernité rêvée et du cinéma forain, et réunit différents types d’oeuvres d’art qui, esthétiquement, sont proches de l’univers filmique de Tati. Des oeuvres qui interrogent le rapport de la société à l’espace, de la couleur au son, de l’abstraction au réel : des dessins de Saül Steinberg et de Pierre Etaix, des photographies d’Henri Cartier-Bresson et de Willy Ronis, des oeuvres de Raoul Dufy et de César (qui fit une apparition dans Les Vacances de Monsieur Hulot, et s’intéressa comme Tati aux compressions de voitures), une photographie architecturale de Dan Graham, une installation originale de Pierrick Sorin, un livre de Guillaume Cassar, une machine dynamique de Jean Tinguely, une création sonore de Pierre Henry, sans oublier une série de meubles typiques du modernisme de l’après-guerre édités par Domeau et Pérès et la collaboration enthousiaste de quelques écoles d’art contemporaines... Ces oeuvres, qui sont autant de résonances, sont confrontées, dans une épure assumée, à ce qui permet de documenter l’univers cinématographique de Jacques Tati : photographies rares, carnets de gags, maquette, archives provenant des Films de Mon Oncle et affiches (dont certaines font partie de la collection de la Cinémathèque française), costumes et accessoires, sans oublier croquis et aquarelles de son ami et collaborateur, Jacques Lagrange, qui fut son conseiller artistique des Vacances de Monsieur Hulot à Parade. Nombreux sont également les extraits des films de Tati, incluant quelques raretés, des courts métrages aux scènes coupées des Vacances de Monsieur Hulot, en passant par les publicités hilarantes, politiquement incorrectes et inconnues qu’il a réalisées pour des yaourts minceur !
Cette immersion visuelle et sonore dans l’oeuvre de Tati n’exclut nullement un désir d’exégèse. Comment éprouver sans chercher à comprendre ? A quoi bon savoir s’il l’on n’a pas d’abord commencé par ressentir ? « Les 6 leçons du Professeur Goudet », dispensées sur 12 écrans au centre de l’exposition, font, elle aussi de façon ludique, oeuvre de pédagogie et abordent, par l’analyse de films et le recours aux archives, à la fois la formation de Tati, son travail sur le son, le rapport ambivalent qu’il entretenait aux Etats-Unis ou encore son souci permanent de la transmission.
De fait, l’exposition fait la part belle à cette question majeure du cinéma de Tati, y compris en resituant, par la vidéo, ses oeuvres dans la dynamique de l’histoire du genre burlesque, en soulignant à la fois ce qu’il hérite des génies de l’âge d’or hollywoodien, et ce qu’il inspire à ses nombreux admirateurs et trop rares successeurs.
Dans cet esprit, des entretiens ont été réalisés avec des personnalités du monde de l’art, dont le travail a été nourri par la connaissance des films de Tati. Ces témoignages exceptionnels de Michel Gondry, Wes Anderson, David Lynch, Elia Suleiman, Otar Iosseliani, Olivier Assayas, Jean-jacques Annaud, Jean-claude Carrière, Blanca Li, Sempé, Jean Nouvel, Dominique Perrault trouveront leur place en marge de l’exposition (sur la mezzanine et dans le catalogue), pour que la succession désirée par Tati s’accomplisse, et qu’en un sens il en soit de l’exposition comme de Playtime vu par son réalisateur : qu’elle commence « quand vous quitterez la salle »…
Stéphane Goudet et Macha Makeïeff
En 2009, il aura 102 ans, le temps justement pour la Cinémathèque française de lui rendre hommage hors des commémorations obligées qu’il ne prisait guère. Un peu de retard… Quoi de plus normal pour celui qui a toujours pris un malin plaisir à entrer dans ses propres films à contretemps. L’année en tout cas que nous avons choisie pour honorer, au présent, son génie. 2009 donc, c’est le grand chambardement : exposition de 650 m2, films projetés en salle et dans le hall une signalétique joyeuse. N’était-ce pas le plus grand souhait de Tati de voir tous les arts du spectacle investir les lieux mêmes du cinéma ? Et quel plus bel endroit à Paris pour accueillir une exposition consacrée au réalisateur de Playtime que ce bâtiment fascinant de la Cinémathèque française conçu par Frank Gehry, que jouxtent un jardin potager, un manège d’enfant et les tours que Dominique Perrault a dessinées pour la Très Grande Bibliothèque ?
Les films de Jacques Tati sont désormais l’emblème même de la modernité. Espace, design, automobile, mode, architecture et sons interrogent dans ses films à la fois son présent et le nôtre. Désireuse de jouer avec Tati, la scénographie a donc été conçue par Macha Makeieff, à la fois dans le but de plaire, mais aussi de désorienter joyeusement le public, non sans penser, souvent, aux enfants visiteurs. Elle part de cette modernité affichée, à la fois critiquée et magnifiée, pour remonter aux débuts de Tati au music-hall, là où tout le cinéma burlesque s’est inventé ; elle place le spectateur-acteur dans une suite d’impressions visuelles et sonores singulières, dans un espace réinventé qui imagine, de station en belvédère, une déambulation en deux temps, couleur et noir et blanc, avec matériaux, objets et décalages surprenants, ceux d’une modernité rêvée et du cinéma forain, et réunit différents types d’oeuvres d’art qui, esthétiquement, sont proches de l’univers filmique de Tati. Des oeuvres qui interrogent le rapport de la société à l’espace, de la couleur au son, de l’abstraction au réel : des dessins de Saül Steinberg et de Pierre Etaix, des photographies d’Henri Cartier-Bresson et de Willy Ronis, des oeuvres de Raoul Dufy et de César (qui fit une apparition dans Les Vacances de Monsieur Hulot, et s’intéressa comme Tati aux compressions de voitures), une photographie architecturale de Dan Graham, une installation originale de Pierrick Sorin, un livre de Guillaume Cassar, une machine dynamique de Jean Tinguely, une création sonore de Pierre Henry, sans oublier une série de meubles typiques du modernisme de l’après-guerre édités par Domeau et Pérès et la collaboration enthousiaste de quelques écoles d’art contemporaines... Ces oeuvres, qui sont autant de résonances, sont confrontées, dans une épure assumée, à ce qui permet de documenter l’univers cinématographique de Jacques Tati : photographies rares, carnets de gags, maquette, archives provenant des Films de Mon Oncle et affiches (dont certaines font partie de la collection de la Cinémathèque française), costumes et accessoires, sans oublier croquis et aquarelles de son ami et collaborateur, Jacques Lagrange, qui fut son conseiller artistique des Vacances de Monsieur Hulot à Parade. Nombreux sont également les extraits des films de Tati, incluant quelques raretés, des courts métrages aux scènes coupées des Vacances de Monsieur Hulot, en passant par les publicités hilarantes, politiquement incorrectes et inconnues qu’il a réalisées pour des yaourts minceur !
Cette immersion visuelle et sonore dans l’oeuvre de Tati n’exclut nullement un désir d’exégèse. Comment éprouver sans chercher à comprendre ? A quoi bon savoir s’il l’on n’a pas d’abord commencé par ressentir ? « Les 6 leçons du Professeur Goudet », dispensées sur 12 écrans au centre de l’exposition, font, elle aussi de façon ludique, oeuvre de pédagogie et abordent, par l’analyse de films et le recours aux archives, à la fois la formation de Tati, son travail sur le son, le rapport ambivalent qu’il entretenait aux Etats-Unis ou encore son souci permanent de la transmission.
De fait, l’exposition fait la part belle à cette question majeure du cinéma de Tati, y compris en resituant, par la vidéo, ses oeuvres dans la dynamique de l’histoire du genre burlesque, en soulignant à la fois ce qu’il hérite des génies de l’âge d’or hollywoodien, et ce qu’il inspire à ses nombreux admirateurs et trop rares successeurs.
Dans cet esprit, des entretiens ont été réalisés avec des personnalités du monde de l’art, dont le travail a été nourri par la connaissance des films de Tati. Ces témoignages exceptionnels de Michel Gondry, Wes Anderson, David Lynch, Elia Suleiman, Otar Iosseliani, Olivier Assayas, Jean-jacques Annaud, Jean-claude Carrière, Blanca Li, Sempé, Jean Nouvel, Dominique Perrault trouveront leur place en marge de l’exposition (sur la mezzanine et dans le catalogue), pour que la succession désirée par Tati s’accomplisse, et qu’en un sens il en soit de l’exposition comme de Playtime vu par son réalisateur : qu’elle commence « quand vous quitterez la salle »…
Stéphane Goudet et Macha Makeïeff
A noter également

Construit en 1956 aux Studios de la Victorine, à Nice, le décor fut détruit à la fin du tournage. La Villa fut reconstruite pour la première fois à l’échelle réelle au Salon Futur Intérieur en janvier 2007 pour un public d’amateurs de Design.
Aujourd’hui installée dans la Halle Curial du 104, sortie tout droit du film, accessoirisée et éclairée comme au cinéma, rien n’y manque !
Polémique

La Société des Réalisateurs français et le Syndicat de la Critique de Cinéma ont demandé lundi à la RATP et à la SNCF de refaire les affiches de l'exposition Jacques Tati sur lesquelles la pipe du cinéaste a été " censurée ", et souhaitent une nouvelle campagne gratuite d'affichage.
Dans un communiqué commun, les deux syndicats souhaitent que les affiches soient refaites " en respectant l'image originelle, telle que l'a voulue l'auteur ". Ils demandent aussi que Métrobus et la RATP procèdent, à leur frais, à la mise en place d'une nouvelle campagne.
" Cette censure sanitaire conduit à un révisionnisme insupportable touchant l'art et la culture ", ajoutent la SRF et la SFCC.
Les deux organisations professionnelles estiment " qu'en affichant sur les murs du métro parisien et les avants de bus, une photo de Monsieur Hulot censurée, Métrobus a présenté une image détournée et altérée qui porte atteinte à l'intégrité et à l'esprit de l'oeuvre de Jacques Tati, ce qui constitue une infraction prévue dans le code de la propriété intellectuelle ".
Métrobus, la régie publicitaire de la RATP, a affirmé s'être bornée à une application scrupuleuse de la loi en vigueur et conformément à une " jurisprudence constante ".
Infos Pratiques
Accès
* Métro Bercy lignes 6, 14
* Bus n°24, 64, 87
* En voiture : A4, sortie Pont de Bercy
* Parkings : 77, rue de Bercy, Hôtel Mercure ou 8, boulevard de Bercy
Horaires exposition
* Du lundi au samedi de 12h à 19h
* Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.
* Dimanche de 10h à 20h
* Fermeture le mardi et le 1er mai
Tarifs expositions
* Plein tarif 8 €
* Tarif réduit 6.5 €
* Moins de 18 ans 4€
* Forfait Atout prix / Carte Cinétudiant 5.5 €
* Libre Pass Accès Libre
Tarifs projection
* Plein tarif 6 €
* Tarif réduit 5 €
* Forfait Atout prix / Carte Cinétudiant 4 €
* Métro Bercy lignes 6, 14
* Bus n°24, 64, 87
* En voiture : A4, sortie Pont de Bercy
* Parkings : 77, rue de Bercy, Hôtel Mercure ou 8, boulevard de Bercy
Horaires exposition
* Du lundi au samedi de 12h à 19h
* Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.
* Dimanche de 10h à 20h
* Fermeture le mardi et le 1er mai
Tarifs expositions
* Plein tarif 8 €
* Tarif réduit 6.5 €
* Moins de 18 ans 4€
* Forfait Atout prix / Carte Cinétudiant 5.5 €
* Libre Pass Accès Libre
Tarifs projection
* Plein tarif 6 €
* Tarif réduit 5 €
* Forfait Atout prix / Carte Cinétudiant 4 €








