231 jours plus tard…
Le 28 mai 2003, le coup d'essai de
Danny Boyle se transforme en coup de maître en recouvrant les écrans français d'une bonne giclée de sang.
231 jours plus tard, le DVD du film débarque dans les chaumières pour terroriser les âmes sensibles. Avec sa jaquette rouge vif, son introduction du tonnerre et son film d'une perfection exemplaire, le DVD de 28 JOURS PLUS TARD aurait bien mérité les quatre étoiles tant convoitées.
En effet, la navigation est simple, pratique et explicite. Le décompte en chiffres rouges, entrecoupé d'images subliminales, et amplifié par une musique allant crescendo, s'effectue de plus en plus vite. Avant même le lancement du film, le trouillomètre du spectateur pourtant avide de chair fraîche cinématographique, est à son maximum. Puis, il y a cette magnifique transition où les jambes du héros balayent l'écran pour amener le suivant. Pas de musique, seul le souffle du vent, et le silence profond, dérangeant, synonyme d'absence de vie, ponctuent les écrans de menus fixes, paysages en ruine désertiques.
Côté long-métrage, il n’y a pas grand chose à redire : 28 JOURS PLUS TARD bien au chaud dans un canapé reste autant terrifiant que 28 JOURS PLUS TARD vu dans une salle de cinéma. Les scènes dans l’obscurité font légion, mais la qualité visuelle reste globalement impeccable et sans défaut. Le travail sur le son ressort d'autant mieux que le DVD accentue les cris et les mouvements brusques inattendus. Juste histoire de nous glacer un peu plus le sang.

Malheureusement, question bonus, la déception est grande. Pourtant de premier abord le menu est ragoûtant : scènes inédites, making of, fins alternatives… De quoi combler même le plus vorace des zombies. Le hic ? La quasi totalité est servie en anglais, et non sous titré of course. Devoir se contenter des images, si magnifiques soient elles, pour les anglophones non avertis, ça reste quelque peu dérangeant. D’autant plus que les documentaires ne sont pas dénués d’intérêt. Quatorze minutes d'images inédites, bien souvent très sombres et non retouchées, mais toujours commentées avec justesse et intérêt par le réalisateur et le scénariste. Un virus des commentaires qui semble avoir contaminé l'ensemble du DVD. Tout est expliqué, développé, éclairci. Ainsi, anecdotes de tournage ponctuent ces sept scènes coupées ; des souvenirs qui se glissent également dans les propos du réalisateur lors du making of - un reportage qui reste d'ailleurs un peu trop vendeur de chair humaine. Le virus a dévasté également les galeries de photos, polaroïds de pré production ou de tournage, et les deux fins alternatives du film, l'une en images, l'autre en dessins (où comment un homme se transforme subitement en poule.)
Malgré son manque de langue française au menu du jour, le coffret 28 JOURS PLUS TARD a tout de même de bonnes raisons de maculer d'hémoglobine votre lecteur DVD.
Aurélie Maulard