Au point de départ de Ricky, il y a une nouvelle de la romancière anglaise Rose Tremain...
Le titre de la nouvelle en anglais est
Moth, c’est-à-dire phalène, ces insectes ou papillons de nuit attirés par la lumière. Dans la version française, la nouvelle a été intitulée
Léger comme l’air. Quand je l’ai lue, je l’ai tout de suite aimée, mais en pensant que cette histoire n’était pas faite pour moi. La nouvelle, très courte, m’évoquait l’univers de
Rosetta des frères Dardenne : un milieu social de petits blancs, déshérités, habitant un mobile home au fin fond des États-Unis. Longtemps le contexte de la nouvelle a fait écran à mon désir de l’adapter, je ne voyais pas comment l’aborder, me l’approprier. Ce qui me plaisait c’était l’irruption d’un événement merveilleux, extraordinaire au sein d’un milieu très ancré dans une réalité pauvre, mais cet aspect fantastique me faisait peur et me semblait irréalisable. Jusqu’au jour où j’ai compris que ce qui me touchait n’était pas tant le côté fantastique mais la manière dont l’histoire parle de la famille, de la place qu’on y occupe, de comment l’arrivée d’un nouveau membre - que ce soit celle d’un nouveau conjoint ou d’un enfant - perturbe son équilibre.