Un titre étrange et difficile à prononcer, un casting d'inconnus - si ce n'est
Aurélien Recoing en second rôle, un film en noir et blanc tout auréolé de son prix de la meilleure première œuvre à Venise…. On s'attendait à un long-métrage âpre et sans concession - le réalisateur, pour son premier long-métrage, nous offre un véritable uppercut en plein visage.
Autant le dire tout de suite,
Gela Babluani n'est pas
David Fincher - et
13 Tzameti n'est pas non plus une version hard core de
Fight Club. Mais il n'en est pas moins particulièrement réussi, grâce à des choix pertinents de mise en scène, de montage, de musique, et d'acteurs à « gueule » tous très impressionnants. Hyper réaliste parce que très minimaliste, incroyablement froid,
13 Tzameti transpire la violence jusqu'à l'écoeurement. Parce que finalement, on n'en sait pas plus que le personnage principal, Sébastien, lorsqu'il se retrouve piégé dans cette maison au milieu de nulle part… Le choc est d'autant plus rude que la première partie du film est terriblement lente, silencieuse, quasi intimiste… Seule la musique installe une ambiance dérangeante, presque palpable. Intemporel et difficile à situer, le film trouve également sa force dans le choix judicieux du noir et blanc, qui renforce cette atmosphère presque malsaine et met rapidement mal à l'aise, soulignant chaque regard, chaque ombre.
En deux mots,
13 Tzameti s'apparente à une grosse décharge d'adrénaline, dont il ne vaut mieux rien savoir pour en profiter pleinement. Un film puissant, décapant, dont on sort sonné… et, d'une certaine manière, bouleversé. Qui a dit que le 13 portait bonheur ?
Aurélie Maulard