Entretien avec Barthélemy Grossmann
Vous êtes un tout jeune cinéaste.Quel a été votre parcours jusque-là ?
Il est atypique même si à mes yeux il m’apparaît comme normal. Je suis suisse et j’ai débarqué en France à l’âge de 15 ans après avoir arrêté mes études car je voulais devenir comédien. Et je n’avais pas du tout envie de passer mon bac comme me le conseillaient mes proches car je ne voyais pas bien à quoi cela me servirait pour être acteur. Je crois que lorsqu’on veut faire quelque chose, il faut tout faire pour cela. Je suis monté sur Paris, j’ai suivi le cours Florent durant trois années, puis j’ai commencé à jouer dans des courts-métrages et à tenir des petits rôles à la télévision...Mais à un moment donné,je me suis dit que cela n’allait me mener nulle part. Qu’il s’agissait encore d’un gouffre,que nous étions plein de comédiens à galérer et,qu’à l’évidence,il n’y avait pas de place pour tout le monde...Et je me suis dit qu’il fallait me différencier, faire les choses par moi-même. J’ai donc commencé par écrire une pièce de théâtre puis des courts-métrages pour lesquels j’ai ensuite cherché un réalisateur. Je me suis aperçu que la réalisation était un point de vue, des idées, une manière de raconter les choses. J’avais mes idées,mes désirs de récit...Alors pourquoi ne le ferais-je pas moi-même ? C’est ainsi que j’ai tourné mon premier court-métrage
Tôt Ou Tard. Et déjà à cette époque,la produc- tion s’est imposée à moi parce que je suis naturellement dans une énergie où je n’aime pas quémander, dépendre des gens. Et en plus je savais pertinemment que personne ne mettrait de l’argent sur moi. J’ai donc monté mes courts en faisant investir le boulanger du coin, des gens proches qui me soutiennent depuis mes débuts. Je trouvais 1000 euros à droite, je m’endettais à gauche et c’est ainsi que j’ai pu commencer à faire mes films.