Le cinéaste
Takashi Miike est connu est apprécié pour l’étrangeté et la folie de son cinéma, en témoignent des films comme VISITOR Q, AUDITION ou la trilogie DEAD OR ALIVE. Son nouveau long-métrage, GOZU, ne déroge pas à la règle.
Sur un scénario plutôt simple, la bizarrerie s’installe progressivement – tant au niveau des personnages, que des décors ou de l’action –, jusqu’à atteindre son paroxysme dans les dernières scènes. Rythmé sur un ton crescendo, le film commence doucement puis s’accélère progressivement, tout comme la folie des personnages et de l’action.
On retrouve dans GOZU tous les thèmes chers au réalisateur, les déchirements familiaux, la paranoïa, une vision du sexe particulière. Si l’on reconnaît allègrement des influences lynchiennes dans le cinéma de Miike (notamment avec sa ville de Nagoya), on a plus de mal à comprendre le sens et l’intérêt de certaines scènes. Association délibérée et déjantée de sexe, de violence (et de lait maternel ? !), l’œuvre de Miike s’approche, notamment dans sa construction, d’un tableau surréaliste ou d’un film de Bunuel, remijoté à la sauce japonaise du 21ème siècle.
A noter enfin quelques touches d’humour bien placées, comme la scène du chien anti-yakuza, ou la toute fin du film.
Âmes sensibles et non initiés s’abstenir. A conseiller plutôt aux adeptes du gore, de l’étrange et aux fans du cinéaste.
Amélie Chauvet