Après Full Metal Jacket, Kubrick se lancera à nouveau dans la préparation d’un film monumental qui, malheureusement, n’aboutira jamais. Un projet lui tient en effet à cœur depuis des années : réaliser une œuvre sur la Shoah. Là encore, des années de préparation, une tête de casting choisie (Joseph Mazzello, le petit Tim dans Jurassic Park). Tout est presque prêt. Mais cette fois, c’est un de ses amis qui lui coupera l’herbe sous le pied. En 1994, Steven Spielberg sort sa Liste de Schindler et, après cela, Kubrick ne verra plus d’intérêt à se pencher à son tour sur cette période de l’Histoire.
Il entame alors la préparation d’un nouveau film de Science Fiction : AI. Film qu’il confiera pourtant par la suite à Spielberg, tout en restant – de loin – attaché au projet.
Après toutes ces déconvenues, le cinéaste se retourne vers un film plus intimiste : Eyes Wide Shut. Réunissant un vrai couple de stars sur grand écran (
Tom Cruise et
Nicole Kidman, même si, selon la légende, Bruce Willis et Demi Moore auraient également été approchés), le film dégage un vrai/faux parfum de scandale. Pornographique pour certains, vaguement sulfureux pour d’autres, Eyes Wide Shut explore sombrement des thèmes comme le fantasme, la jalousie et l’obsession sexuelle. Le long-métrage (qu’on murmure être le préféré de Kubrick), malgré son exploration des divagations de l’esprit et des mécanismes de manipulation et de torture mentale, est étrillé par une critique qui ne reconnaît plus la patte du cinéaste.
Si le film n’est certainement pas le meilleur du réalisateur, on ne peut nier un vrai travail sur la photo et la mise en lumière (toujours) ainsi que sur la bande son. Pour une dernière œuvre, cela n’a peut-être pas suffi.
Eléonore Guerra