Après le très surprenant et réussi
Otage sorti l'an dernier,
Bruce Willis n'en fini plus de nous surprendre. Sans déroger à son image de « sauveur au grand cœur et aux gros bras », il sait l'utiliser dans des films aux scénarios et mises en scènes plutôt intéressants.
Dans
16 Blocks,, il incarne un flic un peu sur le déclin, alcoolique, dont la vie bascule lors du banal transfert d'un prisonnier du commissariat au palais de justice, 16 rues (16 « blocks » en anglais) plus loin. Une unité de lieu couplée à une unité de temps - l'histoire se déroule sur moins de deux heures, le film dure un peu plus d'1h30 - font de ce thriller d'action une sorte de huis clos particulièrement réussi. Surfant sur la vague des fictions en temps réel comme
24 Heures Chrono, le film n'en copie par pour autant toutes les ficelles. Il sait ainsi jongler avec le temps et les lieux, comme avec les personnages et leurs (véritables) rôles dans l'affaire.
Les langues se délient au fur et à mesure, alors que les hommes tombent un à un sous les coups de feu. Le réalisateur nous tient ainsi en haleine tout au long du film, ajoutant même une certaine émotion dans le dénouement de l'histoire. On s'attache en effet beaucoup au personnage de Jack Mosley, incarné par
Bruce Willis.
Recyclant le genre déjà très éclusé du thriller grand public,
16 Blocks réussi là d'autres avaient déçu. On pense notamment à
Phone Game qui, sur le même modèle, avaient finalement trop voulu jouer la carte de la psychologie au détriment de celle du réalisme.
Ici, rien d'extraordinaire donc mais un mélange très justement dosé d'action, d'émotion et de rebondissements qui font de
16 Blocks plus qu'un simple divertissement.
Amélie Chauvet