Pourquoi avoir choisi de traiter par la fiction le problème des harragas ?
Je pense ma pratique du cinéma en termes de fiction. J’ai tourné très peu de documentaires. Lorsque je m’y suis aventuré, ce fut par hasard et par nécessité, comme lorsqu’en octobre 88 j’ai pris une petite caméra pour témoigner. La tragédie humaine et révoltante du phénomène des
harragas mérite qu’on l’évoque par tous les moyens possibles : l’écrit, le reportage, la fiction romanesque, le théâtre, le cinéma, etc. L’essentiel étant de dire, d’exprimer ce que l’on ressent. Le monde Internet que nous vivons et qui permet à tout un chacun de communiquer librement n’a plus aucune limite. La censure, l’autocensure, la frilosité face aux évènements qui secouent la planète deviennent anachroniques alors que la circulation de l’image et du son est à présent une banalité. Les documents filmés qui circulent sur You tube concernant l’Algérie sont là pour en témoigner. Le support par lequel on témoigne, on crée, on proteste, n’a plus d’importance.