Les personnages étant au centre du processus créatif de Stamm, ses acteurs ont dû endurer un traitement et un environnement de tournage que l’on pourrait qualifier de Kubrickien : plateau en autarcie complète, prises à répétitions et des conditions généralement épuisantes. Stamm s’explique : «Le plus important pour moi, c’était de garder l’intimité avec les acteurs : de n’avoir jamais personne dans la pièce, et sans retour vidéo à l’extérieur. Il n’y avait qu’un retour vidéo sur le plateau. Il n’y avait pas de tente-retour où tout le monde regarde les prises, donc les acteurs savent qu’ils n’ont pas 50 paires d’yeux qui les scrutent. C’est une façon de protéger leur intimité. J’essaie de lancer les acteurs dans la scène pour qu’ils m’apportent des choses auxquelles je n’aurais sûrement jamais pensé. Je les laisse être eux-mêmes, et je ne fais que réagir. On fait beaucoup de prises. Ce qui marche pour moi, c’est d’en faire énormément pour arriver à un stade où ils sont fatigués, énervés, et contrariés, parce que c’est comme ça que vous touchez à des émotions très brutes, qui rendent incroyablement bien à l’écran. On fait jusqu’à 15 ou 20 prises pour parvenir à ça...»