Véritable portrait contemporain de la mythique capitale cubaine, 7 Jours à la Havane offre un regard instantané de la ville à travers un film de cinéma composé de 7 chapitres, réalisés par 7 réalisateurs internationaux.
Chaque chapitre raconte une journée de la semaine, à travers le quotidien ou l'aventure d'un personnage différent et fait résonner l'âme de la ville au fil des quartiers, des ambiances, des générations et des cultures. A travers leurs différentes sensibilités, origines et styles cinématographiques, certains réalisateurs ont eu le désir de croiser la réalité cubaine en prise avec son quotidien, d'autres ont choisi l'immersion totale et se sont inspirés de la vie de la population locale.
Si les 7 histoires présentent des intrigues différentes, les réalisateurs ont accepté d'inscrire leur trame partiellement commune à la Havane, toutes les couches sociales se croisent, se côtoient, parfois s'entremêlent à divers instants de la semaine.
"Au final, cela donne sept moyens-métrages de qualité assez inégale. "
Hubert Lizé (article entier disponible dans Le Parisien du 30/05/2012)
Studio Ciné Live
" (...) on a du mal à saisir en quoi les différents cinéastes réunis dans ce projet ont été inspirés par La Havane. "
T.C. (article entier disponible dans Studio CinéLive n°38, page 36)
Télérama
" On croirait une production de l'Office de tourisme cubain. "
Jacques Morice (article entier disponible dans Télérama n°3255, page 49)
Les Inrocks
" Deux jours sur sept : un week-end aurait amplement suffi. "
Jacky Goldberg (article entier disponible dans Les Inrocks n°861, page 77)
VSD
" De cet acte choral, ce sont les voix d'Elia Suleiman et de Gaspar Noé qui s'élèvent le mieux et valent à elles seules le prix du billet pour ce voyage léger. "
J.-P.G. (article entier disponible dans VSD n°1814, page 58)
El Yuma offre un portrait de la vie nocturne de la Havane et de ses particularités. le temps d’une nuit, un jeune touriste américain nommé Teddy découvre que le charme de la Havane est de l’ordre de la sensation viscérale et abstraite, une fois passé le choc visuel de ses immeubles délabrés et de son rythme indolent. Cette nuit, notre touriste va comprendre ce que Graham Greene voulait dire lorsqu’il a déclaré que la Havane est une ville où «tout est possible».
La Havane est une ville mythique qui trouve une résonance particulière dans le coeur des cinéastes latino-américains, et donc dans le mien. Ma première expérience avec cette ville remonte à 1999 où je suis venu présenter mon film, Mundo Grúa, au festival de la Havane. J’y retourne régulièrement depuis.
La Tentacion de Cecilia met en scène trois personnages, Cecilia, José et Leonardo. Ces trois personnages s’inspirent d’un roman du 19e siècle, «Cecilia Valdes», très représentatif de la culture cubaine. Ces trois personnages ont une relation triangulaire qui ne dépend pas seulement de l’amour, mais aussi d’aspirations professionnelles. Cecilia est une jeune chanteuse de talent. Leonardo, un homme d’affaires espagnol ; José est un jeune athlète et le petit ami de Cecilia.
Quand les producteurs de 7 Jours À La Havane m’ont demandé de réaliser l’un des courts métrages du film, j’ai bafouillé une réponse qui n’en était pas vraiment une. Je leur ai dit : je ne parle pas espagnol, je ne suis jamais allé à la Havane, et je ne sais quasiment rien de cuba ! Ils m’ont répondu : «Ça peut être intéressant aussi». On m’a offert de passer un petit séjour là-bas avant de donner une réponse définitive. J'y suis resté quatre jours, pour être exact. En faisant la queue à la douane au moment de quitter l’île, j’ai réalisé que j’avais commencé à formuler ma réponse dès mon passage en douane à l’arrivée. J’ai répété ma réponse dans l’avion qui me ramenait chez moi, en essayant différentes inflexions, pour décider sur quel ton j’allais prononcer un «non» ferme et définitif.
Le Che, mon compatriote le plus adulé au monde... Fidel, le seul homme qui a réussi à déjouer les plans de la CIA pendant plus de 50 ans... Soy Cuba, le film dont les mouvements de caméra m’ont tant inspiré...
Mais soyons honnêtes, si j’ai fait ce film c’est parce qu’un ami qui avait passé un certain temps à Cuba m’avait dit que c’était là qu’il avait vu le plus grand pourcentage de belles filles et de bonnes danseuses au monde.
Dulce Amargo ("Aigre doux") est un oxymore. Parce que les choses sont elles-mêmes et leur contraire. Ce qui se dit n’est pas toujours ce qui se fait. Il n’y a rien de plus angoissant que de créer notre propre bonheur. Dulce Amargo retrace une journée dans la vie de Mirta et Daniel. Mirta est une psychologue qui se trouve dans l’obligation de faire des pâtisseries et de les vendre (non pas pour que l’argent lui permette de terminer le mois, mais pour le commencer). Daniel est un lieutenant- colonel à la retraite (je ne sais pas s’il est à la retraite parce qu’il était alcoolique ou bien s’il est devenu alcoolique parce qu’il est à la retraite). Dulce Amargo est l’une des 7 histoires possibles qui se passent aujourd’hui dans la réalité de la Havane. Et la réalité, comme nous le savons tous, n’est autre qu’une autre forme de fiction.
Le film peut se voir aussi comme un hommage aux telenovelas latino-américaines, car la vie des cubains est à l’image de ce genre qu’ils affectionnent particulièrement : débordante d’émotions multiples et contradictoires.
Lors d’un précédent séjour à la Havane, faisant des repérages pour un autre film, nous avons poussé la porte d’un immeuble du Malecon, et avons été accueillis par Nathalia, une femme d’une soixantaine d’années, vive et avenante, qui, en tenue de chantier nous a fait visiter son appartement. Dans la pièce principale, régnait une grande animation : cinq ou six personnes s’affairaient à y construire un étrange bassin qui devait être prêt quelques jours plus tard. La statue d’Oshun (déesse des rivières) qui trônait pour l’instant encore dans une alcôve allait bientôt être installée sur un piédestal, au centre de la petite piscine que les maçons terminaient de carreler. Nathalia, adepte de la Santeria préparait la cérémonie du quinzième anniversaire de son entrée en religion. Et tous les voisins semblaient mobilisés pour l’occasion, travaillant dans une gaieté qui m’a beaucoup amusé et m’a donné immédiatement l’envie de filmer. Il m’a tout de suite semblé évident que cette scène était la parfaite allégorie du fonctionnement de la société cubaine, où rien ne semble jamais possible mais où tout finit par se faire, grâce à l’imagination, l’enthousiasme, la débrouille et les bouts de ficelle. Grâce aussi à l’entraide et à la solidarité.
Né en 1955 Leonardo Padura Fuentes est journaliste, romancier et scénariste. Il appartient à cette génération d’écrivains qui a grandi avec la révolution. À travers ses romans, il décrit la société cubaine contemporaine et la vie quotidienne de la Havane et ses habitants. Parmi les romans qui ont fait sa renommée à cuba et à l’étranger : Les Brumes du passé, Adios Hemingway, Le palmier et l’étoile, les Quatre saisons… Il a notamment créé le personnage de Mario Conde. Leonardo Padura compte parmi les auteurs cubains les plus connus à l’étranger. Ses romans ont été traduits en anglais, français, italien, portugais et allemand.