Malgré l’âge et la fatigue, Gebo poursuit son activité de comptable pour nourrir sa famille. Il vit avec sa femme, Doroteia, et leur belle-fille, Sofia, mais c’est l’absence de leur fils, João, qui occupe les esprits. Gebo semble cacher quelque chose à son sujet, en particulier à Doroteia, qui vit dans l’attente passionnée de leur enfant. De son côté, Sofia attend également le retour de son mari, tout en le redoutant. De manière soudaine, João réapparaît, tout bascule ...
Qu’est-ce qui vous a conduit à adapter Gebo Et L’ombre aujourd’hui ?
Le choix de ce texte a une histoire. Un ami qui apprécie mon travail m’a demandé pourquoi je ne faisais pas un film sur la pauvreté. Je lui ai répondu qu’un tel film serait très difficile à réaliser, à moins qu’il ne s’agisse d’un documentaire où je pourrais montrer différents cas de pauvreté. Je me suis souvenu alors de la pièce de Raul Brandão, Gebo Et L’ombre, qui parle de la pauvreté et de l’honnêteté.
Quelle a été votre réaction quand Manoel De Oliveira vous a proposé le rôle-titre de Gebo Et L’ombre ?
J’étais très honoré. Je connaissais quelques-uns de ses films, et cette proposition m’a fait plaisir. Nous nous sommes vus rapidement et nous avons tout de suite sympathisé. C’était une rencontre délicieuse et j’étais très impressionné de travailler avec un monsieur de son âge. J’étais très heureux aussi de savoir qu’il m’avait retenu pour le rôle parce qu’il m’avait vu dans India Song. Ce détail m’a beaucoup touché, même si Gebo est bien différent du vice-consul.
Que retenez-vous de cette expérience de tournage avec Manoel De Oliveira ?
Je peux dire que c’était une expérience extraordinaire. J’ai rencontré Oliveira il y a deux ans à Venise, lors de la Mostra. J’étais en compagnie d’autres acteurs comme Brad Pitt, et Oliveira sur scène a dit : « mon actrice italienne préférée est Claudia Cardinale ! » J’étais tellement touchée par cette déclaration que je lui ai laissé un mot à son hôtel pour le remercier. Ensuite il m’a contactée pour me proposer ce film.
Connaissiez-vous Manoel De Oliveira avant le tournage de Gebo Et L’ombre ?
Je connaissais son œuvre, bien sûr. Sinon je l’avais rencontré personnellement il y a quatre ans au festival de Berlin, lorsque j’étais invitée d’honneur, et Manoel De Oliveira était présent lui aussi. Un soir, en sortant d’une réception, j’entends quelqu’un
Depuis Les Cannibales, vous êtes une des présences les plus constantes des films de Manoel De Oliveira. Depuis plus de vingt ans, vous avez développé une complicité qui est au-delà des mots. Comment avez-vous abordé le rôle de Sofia dans Gebo Et L’ombre ?
Comme acteur, quels nouveaux défis vous a posé le film Gebo Et L’ombre ?
Le grand défi a été celui de jouer dans une langue que je maîtrisais mal : le français. La difficulté était de faire passer tous les états d’esprit d’un personnage noir et violent dans une langue et une musicalité qui ne m’accompagnent pas souvent dans ma vie quotidienne. Savoir que je devais « accompagner » de très grand acteurs des cinémas français et portugais dans un film contenant beaucoup de texte, a représenté aussi un grand défi puisque je devais être à la hauteur (je ne sais pas si j’ai réussi...). Mais, ces grands interprètes m’ont fourni une force supplémentaire pour ma performance.
" Le nouveau chef d'oeuvre de Manuel De Oliveira, il signe à presque 104 ans l'un de ses plus beaux films. (...) La direction d'acteurs est magistrale "
P.F (article entier disponible dans Les Fiches du Cinéma n°2031, page 07 ou sur le site Les Fiches du Cinéma)
Le Monde
" Cinéaste moraliste, travaillé en profondeur par l'imaginaire populaire de son pays, Manoel De Oliveira est aussi un grand directeur d'acteurs. De tous ses films, Gebo est sans doute celui qui se joue le plus nettement sur ce terrain. "
Isabelle Regnier (article entier disponible dans Monde du 25/09/2012)
Libération
" Gebo et l’ombre exprime si bien la tristesse humaine, la claustrophobie sociale, le tragique de la famille et la hideur de l’argent que l’on ne peut que se laisser convaincre de larguer toutes les amarres, partir à l’aventure, vivre en voleur de la nuit. "
(article entier disponible dans Libération du 26/09/2012)
Le Nouvel Observateur
" « Gebo et l’ombre » possède l’éclat du diamant et la densité filandreuse d’un cauchemar lancinant. Grand film. "
Guillaume Loison
Télérama
" Le maître portugais signe un huis clos dense et lumineux, où une famille pauvre se cherche des repères moraux. "
Jacques Morice (article entier disponible dans Télérama n°3272)
A 102 ans passés, le cinéaste portugais Manoel De Oliveira, doit débuter le tournage de son prochain film en septembre à Paris, a annoncé à l'AFP le producteur Luis Urbano.
Le doyen des cinéastes, qui célébrera en décembre prochain ses 103 ans, va adapter au cinéma la pièce de théâtre de l'écrivain portugais Raul Brandao Gebo et l'ombre, a indiqué le responsable de la société de production O som e a Furia qui coproduira le film.