Oriol et Yolanda vivent à Paris avec leurs deux filles. Il est architecte, elle est professeur de lycée. Au cours de vacances dans le delta de l'Èbre, au sud de la Catalogne, un accident bouleverse leur existence.
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Les avis sur le film Rêve et silence
Critiques : Rêve et silence
Télérama
" Rêve et Silence est la lancinante chronique d'un deuil, déployée en longs plans fixes, creusée d'ellipses mystérieuses. "
Cécile Mury (article entier disponible dans Télérama n°3273)
Les fiches du cinéma
" Jaime Rosales s'empare du réel pour en restituer tout à la fois la part sombre et lumineuse. Austère et poignant. Un splendide coup de coeur. "
C.L (article entier disponible dans Les Fiches du Cinéma n°2031, page 32 ou sur le site Les Fiches du Cinéma)
Libération
" Rosales prend un soin extrême à n’effleurer que la périphérie de son récit afin de mieux en saisir le cœur, la substance profonde et insaisissable faite de douleurs et d’incompréhension. "
Bruno Icher (article entier disponible dans Libération du 02/10/2012)
Le Monde
" Rosales installe une émotion diffuse qui s'insinue progressivement chez le spectateur pour s'exprimer intensément, à l'issue de son histoire. "
Sandrine Marques (article entier disponible dans Monde du 02/10/2012)
Les Inrocks
" Jaime Rosales continue à détailler avec brio la banalité ibérique dans un drame distancié. Rosales apporte une nouvelle pierre à son fascinant édifice hyperréaliste. "
Vincent Ostria (article entier disponible dans Les Inrocks n°879, page 71)
" Images de glace pour un récit de feu."
Gérard Lefort (article entier disponible dans Libération du 23/05/2012)
Télérama
" L’espagnol Jaime Rosales (…) n’a rien perdu de sa singularité, de son esthétisme sensible."
Cécile Mury (article entier disponible dans Télérama, le 24 mai 2012)
Le Monde
" La prouesse du cinéaste est d'avoir maintenu le pathos à distance. "
Isabelle Regnier (article entier disponible dans Le Monde du 26 mai 2012)
Les Inrocks
" Jaime Rosales, du moins dans la première partie, tente en permanence de se décaler par rapport aux clichés de cinéma. "
J.-B.M. (article entier disponible dans Les Inrocks n°861, page 70)
L'express
" L'émotion, que le jeu des acteurs parvient à rendre palpable (...), balaie la rigueur d'un dispositif cinématographique par moments difficiles à appréhender. Un beau film. "
J.W (article entier disponible dans L'express Style n°3196, page 28)
Tout le film a été tourné avec une émulsion noir et blanc au grain dur. Je trouve le grain de l’image en noir et blanc très beau. Il donne une consistance extraordinaire au film. Une grande sensation physique, matérielle. Ce que l’on voit est là, cela s’est passé. Nous avons utilisé un type de pellicule 35mm qui permet de tourner sans éclairage artificiel. Tout a donc été tourné en lumière naturelle. Cette façon de filmer permet une grande agilité et produit, je l’espère, une image très belle et émouvante.
La fragilité des bases de notre civilisation qui est en train de se construire m’inquiète. Qu’il s’agisse d’une civilisation qui ne sache pas apporter une réponse à nos besoins spirituels me préoccupe. Nous avons une dimension spirituelle. Je n’arrive pas à la définir rationnellement, mais je la sens, je la devine et j’essaie de lui donner une expression poétique à travers un film. Le côté magique. Le côté sacré. Le côté mystérieux. Le côté poétique. Nous sommes sensibles à ces aspects. Il doit bien y avoir une raison. Et pourtant quand il nous faut produire un discours cohérent, nous échouons.
Le scénario du film ne contient pas de dialogues. Les acteurs reçoivent le contenu dramatique des scènes au moment même de tourner. Ils ne reçoivent pas non plus d’instructions sur quoi dire, ou comment le dire ou quoi faire. On ne répète pas les prises, nous ne définissons pas non plus plusieurs angles de prise de vue d’une même scène ou situation. L’improvisation initiale est unique, vraie et singulière. Je me laisse surprendre par ce que disent et font les acteurs. Parfois, ils sortent du champ de façon inattendue et le cadre reste vide. C’est aussi pertinent.
La réalité humaine me fascine. Le réel absolu. La peinture du quotidien. La précision dans l’expression des relations humaines. Les petits gestes, les regards m’intéressent. Les émotions incontrôlables. Observer avec attention m’intéresse. Chaque individu a un moi qui se cache sous plusieurs strates. Nous ne laissons notre véritable nature émerger à la lumière que très épisodiquement. Il faut alors être très attentif. Toutes les décisions et l’architecture de la mise en scène ont été conçues pour parvenir à dépeindre et faire émerger cette réalité avec une extrême précision.
Dans ce film, j’ai eu le privilège de collaborer avec l’artiste Miquel Barceló. Nous avons commencé à parler du film il y a environ quatre ans, à l’origine même du projet. Nous nous trouvions tous les deux dans une période semblable de notre vie. La coupole qu’il avait réalisée pour les Nations Unies à Genève était sur le point d’être inaugurée et mon film, Un tir dans la tête, allait sortir. Nous étions très heureux de présenter nos œuvres respectives et tous les deux, nous avons souffert d’une certaine incompréhension critique sous forme de polémique. Puis nous avons commencé à envisager des idées pour le travail à réaliser dans le film. Tout de suite, je me suis rendu compte que la principale difficulté serait de trouver la manière d’assembler un processus extensif –celui de la peinture- avec un processus intensif –celui du cinéma-. Pour lui, le temps n’est pas un problème. Il peut essayer et essayer des choses avant de les considérer comme bonnes. Au cinéma, cela n’est pas possible et encore moins dans ce film où tout était envisagé en une seule prise. Il fallait créer quelque chose en une seule fois, en un seul geste. Je suis très, très heureux du résultat final. J’ai beaucoup appris en travaillant à ses côtés : sur la vie, sur ce que signifie d’être un artiste véritable.
Quand je démarre un film, je fais en sorte, toujours, que tout se déroule tel que je me l’étais imaginé. Comme si j’étais un démiurge derrière un monde en attente, j’essaie de tout modeler à ma guise. Il se trouve que les films - du moins ceux que je réalise - se font dans le monde réel, avec des choses réelles et avec des personnes réelles. Et le monde réel, même si on s’efforce de le modeler, résiste. Je me retrouve alors à lutter désespérément contre tous les éléments. Rien ne veut ressembler à ce que j’avais imaginé. Quand cela fait un certain temps que je lutte et que je souffre, je me rends compte que l’imprévu, ce qui s’échappe du plan, a beaucoup de valeur. Bien plus de valeur que ce que j’avais imaginé. Ce n’est pas que la réalité dépasse la fiction : c’est que la réalité est bien mieux que la fiction. Il ne s’agit pas tant de réussir à contrôler les éléments que de réussir à ce que l’inattendu - le hasard- joue en faveur de l’œuvre. Je prends conscience, maintenant que j’ai terminé le travail, que ce qui a été difficile, ce n’est pas d’avoir fait une œuvre conforme à ce que j’avais imaginé. Le film ne ressemble pas du tout à ce que j’avais imaginé et ce qui a été difficile, ça a été de faire une œuvre à travers soi. Réussir à devenir le moyen à travers lequel l’œuvre s’est peu à peu transformée et laisser faire que le hasard et la réalité aient été une part du processus créatif.