"On ira, où tu voudras quand tu voudras… et l’on s’aimera encore, lorsque l’amour sera mort. Toute la vie sera pareil à ce matin, aux couleurs de l’été indien…" La chanson de Joe Dassin aurait pu faire partie de la bande originale du premier long métrage de
Stéphane Vuillet : 4 janvier, 25°C. Une journée beaucoup trop chaude pour garder son sang froid ! Travail, argent, dettes, mari ou femme à l’autre bout de la planète, tout finalement semble devenir éphémère. Ne reste que le monde à découvrir… Un road movie urbain, prétexte à présenter la ville, ou plutôt la vie, à travers quatre personnages attachants, incarnés par des acteurs éblouissants : la petite Raphaëlle Molinier (déjà vue dans
Carnages) crève l’écran, Ingeborga Dapjunaite illumine la salle,
Carmen Maura se livre toute entière dans un rôle de pimbêche affectueuse, et
Jacques Gamblin, cheveux longs et look méditerranéen aurait pu être Miguel dans une autre vie. Mélange de joie et de pleurs, d'humour et d'émotion, cette "tragico-comédie" souffle le chaud et le froid… mais la tendresse l’emporte toujours. L'immigration, l'exil, le mensonge, la trahison, la solitude, la pauvreté sont abordés avec force et panache, mais d'un ton vif et décalé. Les kilomètres se succèdent et sont comme un écho aux révélations, aux couleurs, aux accents espagnols, russes, français, flamands qui rythment la route de ce petit groupe décidément attachant. Un gentil film qui fait du bien avec des petits riens, des intentions toutes simples mais si revigorantes ! Un petit chef-d'oeuvre de finesse, de tendresse, d'intelligence, d'humanité en somme...
Aurélie Maulard