En 2003,
Danny Boyle créait la surprise et prouvait avec
28 Jours Plus Tard, que non,
La Plage ne l’avait pas tué. Quatre ans plus tard, Boyle relance sa franchise et a l’intelligence de confier son bébé à un réalisateur espagnol couillu : Fresnadillo. Encore une suite ? Pire : encore une suite de film de zombies ? Achevez la bête avant qu’elle ne provoque un massacre ! A moins que… à moins que le jeune loup ne s’empare du scénario et retourne le genre en électrisant le grand écran…
La recette utilisée est pourtant simple : jouer sur nos peurs primales – menaces invisibles (virus, snipers), obscurité, bestialité – en les exacerbant de façon presque hystérique grâce à une mise en scène nerveuse et oppressante. Oubliez les dernières
follasseries hype de Robert Rodriguez : la vraie modernité est là. Image nerveuse et énervée filmée caméra à l’épaule (la terrifiante scène d’ouverture donne le ton) et nous voici plongés en plein trouble : thriller, reportage de guerre, horreur, le mélange des genres est redoutablement efficace. Le parallèle avec le style documentaire à vif d’Alfonso Cuaron avec
Les Fils De L'Homme est flagrant, mais n’apporte que plus de crédit au réalisateur espagnol.
Sa maîtrise en terme de direction d’acteurs (les deux enfants en tête), de multiplicité de points de vue (les images aériennes de Londres en ruines ou une terrible scène tournée en vision nocturne) ou dans ses changements de rythme en fait clairement un réalisateur à suivre de très près. On pourrait, en plus de tout ça, chercher – et trouver – une symbolique de notre société actuelle et notamment de l’occupation Anglo-américaine en Irak (des soldats dépassés qui tirent sur tout ce qui bouge). Le réalisateur ne s’en défend d’ailleurs que mollement. Qu’importe au final : ce ne serait que la cerise sur un excellent gâteau.
Eléonore Guerra