Prix Un certain regard - Cannes 2004 Résumé du film MoolaadéCollé Ardo vit dans un village africain. Il y a sept ans, elle a refusé que sa fille soit excisée, pratique qu’elle juge barbare. Aujourd’hui, quatre fillettes s’enfuient pour échapper à ce rite de purification, et demandent à Collé protection. Deux valeurs s’affrontent alors : le respect du droit d’asile (le Moolaadé) et l’antique tradition de l’excision (la Salindé). Galerie Photos : MoolaadéLes avis sur le film Moolaadé
Critiques : Moolaadé -
Les Inrocks

" MOOLAADE est un film rare : direct, militant, effronté, théâtral, sans vergogne. "
Jean-Baptiste Morain (article entier disponible dans Les Inrocks n°484, page 30)
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Télérama

" Un étonnant symbole de l'espoir, et une sorte de profession de foi pour Sembene Ousmane (…) "
Frédéric Strauss (article entier disponible sur le site de Télérama)
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Le Monde

" Moolaadé prend ainsi une double nature, à la fois élégie et chant guerrier, qui en fait l'un des plus beaux films que Sembène Ousmane (…) "
Thomas Sotinel (article entier disponible sur le site du Monde)
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TéléCinéObs

" (…) ce film puissant, qui allie la beauté de la fable et la virulence du combat politique (…). "
Em. L. (article entier disponible dans TéléCinéObs)
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Studio Magazine

" (…) un film brillamment mis en scène, porté par une interprétation énergique et savoureuse. "
T. B. (article entier disponible dans Studio n°210, page 34)
MOLAADE (mot Pulaar) Droit d’asile, protection, a été transmis de génération en génération par le verbe, par des contes, par l’histoire, par les légendes et par des énigmes orales.
Il est une juridiction orale avec ses lois, ses règles et décrets gravé dans les consciences. Il couve de funestes présages…D’où sa crainte révérée par les hommes, les femmes et les enfants. Afin de l’exorciser, il est prévu de punir en public le tenant du mot clé, qui permet de chasser, éloigner la menace suspendue. LE FOND SALINDE…Traduction Soninké : PURIFICATION = EXCISION de la fillette. Pratique rituelle ancrée dans les mœurs. La Salinde, un grand événement dans l’existence d’une femme, sous le regard bienveillant des hommes. Rien n’est assez beau et assez cher pour le faste de la fête. La quinzaine qui précède l’entrée des postulantes dans le bois sacré, les mères, les tantes entreprennent un travail psychologique auprès de leurs enfants. Elles doivent supporter la douleur physique, sans crier, sans geindre. La morsure vive, brûlante de la lame doit être domptée, dominée. Maîtriser la douleur aiguë, chaude, est la preuve que, devenue femme, on surmontera les tourments et les afflictions de l’existence. LE DéCOR Un grand village ; il se dresse sur une vaste plaine boisée, de la savane sahélienne. En saison hivernale, le village, malgré son étendue, est enserré dans un immense écrin de hautes herbes vertes, comme une marée montante entourant une île.
La terre est rouge avec des endroits grisâtres. Trempée, elle est poto poto, argileuse. Séchée en surface, la terre est poudreuse. Soulevée par le vent soufflant à ras du sol, elle se dresse comme un voile rosâtre qui enveloppe les horizons. Ce poto poto resté en motte devient solide, dur comme du caillou. LES PRINCIPAUX ACTEURS Le camelot le plus connu est Cisse, surnommé le Mercenaire, ancien militaire. Il a servi dans des bataillons des " Soldats de la Paix " au Liban, au Koweït sous les drapeaux de l’O.N.U ; ensuite des " Forces Africaines " au Tchad ", au Libéria et en Guinée-Bissau. Indiscipliné, il a été éjecté de l’armée. Il sillonne la région avec sa remorque lui servant de boutique. Il vend des radios transistors, piles, des produits pas chers : pacotille en matière plastique, du pain rassis qu’il débite en morceaux, des objets domestiques et des nécessaires pour femmes. Entretien avec Sembene OusmaneLe désir de s’exprimer, d’abord en écrivant, vous est-il vraiment venu après la guerre, pendant les grandes grèves des cheminots du Dakar-Niger ?
Sembene Ousmane : Les grèves à Dakar ont créé un vécu qui m’a nourri, mais c’est dans les années cinquante, à Marseille, au sein du Parti communiste, que j’ai découvert la littérature, le théâtre, les ciné-clubs. C’était la naissance de la Fédération des étudiants d’Afrique noire où je militais aussi. Ainsi qu’à la CGT des dockers. Pour moi, qui suis né à Ziguinchor, un petit village de Casamance, l’école du Parti était une école formidable. C’était mes universités. |
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