Comment est née l’idée de 30° Couleur ?
Lucien Jean-baptiste : Après
La Première étoile, j’avais en tête une histoire de retour au pays natal depuis le jour où ma mère m’avait annoncé qu’elle ne voulait surtout pas être enterrée en Martinique, ce qui avait été un véritable choc pour moi ! J’avais donc imaginé, à l’époque, l’histoire d’un professeur antillais contraint d’aller récupérer le corps de sa mère décédée aux Antilles. Je voulais y greffer mes propres expériences, ma méconnaissance de la culture, de l’histoire et de certaines traditions antillaises. Parler de cet effet dévastateur et pervers des mégapoles sur les cultures d’origine des populations qui les composent. Bref, J’avais très envie de parler de tout ça, mais je ne me sentais vraiment pas les épaules pour l’aborder. Heureusement pour moi, sur
La Première étoile, j’ai eu la chance de rencontrer
Philippe Larue, qui en était le conseiller à la réalisation : celui qui a toujours été près de moi pour me guider tout en respectant mes désirs. Son talent m’avait sauté aux yeux. Et un beau jour je l’ai appelé pour lui demander s’il était prêt à m’accompagner sur ce nouveau projet. On s’est attelé à l’écriture de
30° Couleur en nourrissant ce scénario à la fois de ma propre histoire mais aussi de ce débat sur l’exil et l’immigration, deux thèmes qui nous sont chers, même si nos parcours à Philippe et à moi sont différents.