1953, année-tournant : Les Vitelloni, Voyage en Italie de Roberto Rossellini, et l’ouvrage collectif L’Amour à la ville marquaient, dix ans après sa naissance, l’éclatement définitif du néo-réalisme originel dans des voies résolument divergentes et son renouvellement, à un moment où il commençait à s’épuiser à la simple description naturaliste de la réalité (…) La simplicité, la pudeur, l’émotion vraie de ce témoignage qu’est Les Vitelloni, sans nul doute tiennent-elles essentiellement au fait qu’il s’agit d’une autobiographie. Le regard de Fellini sur sa propre jeunesse est lucide, cruel même, mais jamais méchant : il sourit de ses personnages mais ne les méprise point. Irresponsables qu’ils sont de ce culte du désoeuvrement et des plaisanteries stupides où les incline une société mesquine et maladive.