Si vous pensez que le cinéma indien rime uniquement avec Bollywood, forcément
Black arrive comme un cheveu sur la soupe. Si vous vous attendez à une histoire d’amour, des chansons et des décors hauts en couleurs, vous faites fausse route. Le dernier opus de
Sanjay Leela Bhansali traite d’un sujet beaucoup plus dur qu’une romance fleurie entre deux jeunes gens.
Les yeux dans le vide, la tête penchée sur le côté, les mains tendues et la bouche ouverte, Michelle a soif de connaissance, mais elle ne le sait pas encore… Sourde, muette et aveugle, il lui faudra attendre sa huitième année pour qu’un professeur rentre dans sa vie. Véritable magicien, Debraj Sahai va humaniser cette fillette dont les parents, dépassés par son handicap, ne savaient pas la traiter autrement que comme un animal.
Une véritable ode à la vie mais aussi au courage dont font preuve les plus démunis. Une façon de rappeler que les plus faibles ne sont pas forcément ceux auxquels on pense. Quand la vie ne vous fait pas de cadeau, la volonté reste la seule arme pour se battre…
Le professeur a créé un véritable univers pour son élève. Il met les mots et donc le savoir à sa portée. On peut seulement regretter que le spectateur soit un peu mis à l’écart de cette relation élève/professeur. Devant l’écran, il comprend les difficultés, la souffrance mais aussi le courage de la jeune fille. En échange, le personnage lui fait partager son univers noir fait non seulement d’obscurité mais aussi de silence. En revanche, l’union du professeur Sahai et de Michelle, sur lequel est fondé le film, est moins palpable que le reste.
Black, un titre qui résume l’univers de Michelle, ainsi que la vie elle-même, mais aussi le sentiment d’impuissance que peut ressentir le spectateur en sortant de la salle.
Une note de courage pour un film plein d’espérance à aller voir ne serait-ce que pour l’interprétation de
Rani Mukherjee, la star de Bollywood qui joue la jeune femme sourde, muette et aveugle.
Emilie Chamoreau