Un film de
Tonie Marshall, avec
Catherine Deneuve,
William Hurt,
Patrice Chéreau,
Hélène Fillières
SYNOPSIS :
Un soir, une femme rencontre un type qu’elle a connu lorsqu’ils étaient étudiants.
On comprend qu’il l’a aimé et qu’elle en aimait un autre…
Le nom de " Philippe ", ce premier amour, est prononcé, il agit sur elle comme un révélateur et l’envoie dans une salle de cinéma où se joue " Elle et Lui "… Cary Grant et
Deborah Kerr se retrouvent enfin, après s’être manqués en haut de l’Empire State Building
Cette femme écrit un livre sur un peintre. Pour le terminer, elle doit se rendre à New-York, pour photographier deux toiles.
Un matin, une lettre, laissée par une silhouette qui ressemble à Philippe, lue sous la pluie et immédiatement effacée, lui donne rendez-vous en haut de l’Empire State Building…
Est-ce vrai ? A-t-elle rêvé ?
Dès cet instant, elle redevient comme une jeune amoureuse, et précipite son départ aux Etats-Unis.
Lorsqu’elle arrive à New York, la photographe avec qui elle travaille d’habitude est remplacée par un homme, un américain, Matt… Il est séduisant, elle lui plaît, mais la certitude du rendez-vous l’empêche de regarder cet homme comme elle le devrait…
Leur tête-à-tête forcé est troublant, l’attirance est violente, le refus irraisonné…
L'AVIS DE LA REDACTION :
Catherine Deneuve et encore
Catherine Deneuve. Après
Venus Beaute Institut,
Tonie Marshall revient en consacrant entièrement son film à cette comédienne et en fait son égérie amoureuse.
Véritablement, AU PLUS PRES DU PARADIS est une pure comédie romantique dans la tradition des films américains des années cinquante, mais il est bien plus que ça. Il est, en effet, le signe d’une admiration profonde d’une réalisatrice envers une actrice d’exception. Du premier au dernier plan,
Catherine Deneuve, Fanette, remplit l’écran avec un naturel déconcertant. On aurait pu s’attendre à une mise en lumière artificielle, un hommage pompeux de cette comédienne or c’est avec grâce et simplicité que
Tonie Marshall la filme tour à tour élégante, séduisante, mélancolique, rêveuse, enivrante, amoureuse, en somme bien vivante. Une vraie femme en quête…
De quoi ? D’un souvenir qui la conduira sans se douter vers la réalité. De Paris à New York, Fanette ne cesse de chercher. A la moindre silhouette en costume gris, elle se retourne, court, s’émeut, se retrouve dans le film ELLE ET LUI de Leo McCarey qu’elle voit et revoit. D’ailleurs comme
Deborah Kerr, elle a rendez-vous avec cet homme "invisible" au sommet de l’Empire State Building, symbole de la conquête amoureuse. Tout au long du film, surtout dans la partie américaine,
Tonie Marshall distille le jeu amoureux. Face à un
William Hurt, totalement séduit et déconcerté,
Catherine Deneuve résiste car perdue dans l’illusion, elle ne peut se résoudre à vivre une passion avec un autre homme que celui de son passé. Résister ou vivre l’émotion et l’amour ?
Tonie Marshall livre sa réponse.
Elle offre à
Catherine Deneuve un rôle d’amoureuse fragile et contemporaine à travers une mise en scène simple et un scénario intemporel d’où son profond charme.
Anne Le Tiec
LE DVD :
Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
Son : Dolby Digital 5.1 VO Anglais et Français, Français
Sous-titres : Français, Anglais.
Bonus :
- Making of du film (16 minutes)
- 6 scènes inédites (12 minutes)
- Interview inédite de
Tonie Marshall (17 minutes)
- Diaporama des images du film
- Bande-annonce
- Menus interactifs
NOTE D'INTENTION :
Depuis longtemps, j’ai envie de faire un film avec
Catherine Deneuve… Mais son passé de fiction est très riche et je n’ai pas envie de lui écrire un rôle à performance dans une histoire très bouclée… Non, j’ai plutôt envie de rêver sur elle, de trouver un tissu narratif mystérieux, d’utiliser sa formidable capacité d’incarnation, ce corps, ce visage qui ont donné matière aux films et de partir sans trop de contrainte.
Mais je ne trouve pas, tout ce qui me vient à l’esprit me paraît convenu et possiblement décevant pour elle… Et puis je lis une interview, où d’une façon très évidente, elle dit que le cinéma fait sûrement partie de sa vie, mais qu’au fond, elle est une amoureuse. Je ne sais pas pourquoi cette phrase se mélange aussitôt dans ma tête avec le film de Leo McCarey, Elle et Lui… Peut-être parce qu’il est un des plus beaux films sur l’amour adulte, celui qui vous emporte quand on a usé de toutes les libertés…
Et j’ai envie d’écrire un personnage de femme pour qui l’obsession de ce film renvoie à un amour de jeunesse qui ressurgit par hasard trente ans après… Les questions sur l’amour sont toujours les plus passionnantes et je crois que ce film, Elle et Lui, questionne directement le spectateur sur : Qu’avez-vous fait de votre vie amoureuse ? Avez-vous jamais aimé quelqu’un ? Et que la légèreté, la grâce, la comédie et le mélodrame que traverse ce couple nous bouleversent par la pureté de l’évidence…
Dans ce film, cette femme écrit un livre sur un peintre abstrait, un peintre de signes… Je crois que cette peinture vient comme un autre élément fictionnel (appartenant pourtant déjà au film de McCarey), sur lequel le personnage peut fantasmer et me permet à moi de raconter plus secrètement l’amour, la fidélité à soi-même, le vrai, le faux, la quête du sens, comment on invente une histoire et comment chacun peut se la raconter avec ses propres signes…
J’ai souhaité qu’une partie du film se passe aux États-Unis, que la rencontre se fasse avec un homme, un acteur américain, parce que cela me semblait la meilleure façon de fabriquer un couple de cinéma, renvoyant à celui d’Elle et Lui… Mais peut-être pas seulement, peut-être que le mélange des langues, des cinématographies, le rapport de séduction qu’elles exercent l’une sur l’autre et sur moi me permettaient des images d’un monde élargi pour raconter, somme toute, un film sentimental…
Tonie Marshall
NOTES DE Tonie Marshall :
Un film avec et pour Catherine Deneuve…
"Les acteurs-actrices sont souvent pour moi le moteur, l’envie de faire un film, de l’écrire avec la peau de l’acteur. Catherine Deneuve m’a toujours beaucoup intéressée, beaucoup troublée. Elle est un mélange de terrestre et de sacré et j’avais envie d’écrire pour elle, mais je ne trouvais pas, elle était déjà passée par tant de chemins, tant de figures…
Et puis un jour, elle dit dans une interview quelque chose comme : "Le cinéma, le cinéma oui, mais moi, au fond, je suis une amoureuse…" Je ne sais pas pourquoi tout de suite je pense : amoureuse de cinéma - Elle et Lui - dernière chance - vrai ou faux, bref une espèce de rébus qui constituerait un personnage féminin, un pied sur la terre, un pied dans les rêves qui veut croire à la force immense d’un premier amour qui viendrait lui donner un rendez-vous trente ans plus tard…
Il y aurait la France et l’Amérique, deux langues, un mélange de mélancolie et de comédie, et puis de la peinture… François Arnal, mon père adoptif, peint des toiles abstraites pleines de signes sur lesquels on peut se raconter des histoires…"
William Hurt…
"Fanette rêve d’un homme en costume gris impeccable et se retrouve devant un grand type nonchalant vêtu d’une chemise en pilou !
Dans la liste des grands calmes insolents, il y avait William. Il était quelque part au bout de l’Oregon, je lui ai envoyé un scénario en poste restante dans un aéroport perdu… Quelques jours après, il m’a rappelée. Il m’a dit : "J’aime ce scénario parce que c’est un film sur elle, sur Catherine Deneuve, c’est ça qui est beau…" J’ai trouvé très généreux et sensible de sa part d’accepter si vite une moitié de film avec une grande actrice française. Souvent les acteurs ont un ego trop fort pour penser ainsi… Le rôle était assez difficile car il avait, d’une certaine façon, peu de scènes pour tomber amoureux de cette femme imprenable, qui se préserve, se réserve, il y est allé sans détour, sans parapluie, d’une façon à la fois bûcheronne et cérébrale…
Catherine avait très envie de jouer avec lui."
Vous êtes arrivés aux États-Unis le 9 septembre avec un planning de démarrage le 14 septembre…. Entre temps il y a eu le 11 septembre 2001…
"Il y a un tel décalage entre cet événement et le tournage d’un film que la seule idée de continuer le tournage nous a paru à tous quasi inconcevable, nous étions ravagés, assommés, nous n’étions plus les mêmes personnes devant le même scénario. Le film était composé au départ d’une partie parisienne, interrogative, fantasmatique, semant des petits cailloux et d’une partie américaine qui avait la forme classique d’une comédie romantique (lui, elle, ils ne devaient pas se rencontrer, ils vont se jouer, se défaire, s’éprendre…).
À ce moment-là, le mot de comédie était presque indécent. Nous devions, de plus, impérativement tourner à l’Empire State Building qui s’est retrouvé plus fermé que Fort Knox et le symbole de la résistance new-yorkaise… Nous avons perdu toutes nos autorisations, William s’est retrouvé bloqué à la frontière canadienne, Catherine attendait le premier avion qui pourrait atterrir de l’autre côté de l’Atlantique et j’avoue qu’un jour, je me suis dit : "Qu’est-ce que je fais là ?".
Cela a sans doute donné une tonalité plus mélancolique à cette partie américaine et aussi une forme de gravité aux personnages, parfois plus pensifs et qui ressentaient davantage que la vie est fragile, que tout peut basculer d’un jour à l’autre et qu’il faut prendre ce qui est bon et beau quand ça vient… Ça leur donnait aussi en contrepoint beaucoup d’humour.
Pendant ce temps, Pierre-François Limbosh, mon décorateur construisait savamment un bout de l’Empire State Building dans un studio canadien, car les autorités nous empêchaient toujours de venir à New York. Et puis, à la fin du tournage, miracle, l’autorisation de tourner deux jours à Manhattan est arrivée."
Le titre…
"C’est une proposition dans Elle et Lui : "What about the top of the Empire State Building ? It’s the nearest place to Heaven."
Au plus près du paradis, c’est sans doute ce qu’on peut faire de mieux en restant vivant, non ?"
Propos recueillis par Elisabeth Quin
ENTRETIEN AVEC Catherine Deneuve :
Saviez-vous que Tonie Marshall écrivait un film pour vous ?
"Catherine Deneuve : C’est une chose très étrange, inquiétante et merveilleuse d’apprendre que quelqu’un s’inspire de vous ou est inspiré par vous pour écrire un film. Vous imaginez l’anxiété lorsque vous découvrez le personnage ? Ce cadeau, si vous ne l’aimiez pas, qu’en faire ? Il se trouve que le film et le personnage m’ont fait succomber. Cette comédie romantique comporte des éléments insolites et gracieux, mais aussi quotidiens ; et puis, il y a mon personnage, Fanette... Bon, ce prénom au parfum assez rare, presque désuet, m’a embarrassée au début, mais finalement, il va bien à cette femme qui fait ce qui lui plaît et poursuit une chimère.
Elle habite le cinéma.
Elle a une énergie considérable.
Elle est joueuse.
Elle parle parfois toute seule.
Elle est une princesse au petit pois.
Elle est solitaire.
Elle est aimable.
Elle n’est pas dans la vie.
Elle est profondément romanesque.
Elle est brave."
"Sois brave", c’est ce que Marilyn avait écrit sur son scénario de Certains l’aiment chaud…
"C’est la plus belle chose. Vous savez, je me dis souvent "Sois brave" quand je me prépare pour quelque chose qui me fait peur, sur un plateau ou dans la vie. La bravoure, c’est un truc que comprennent les actrices ! "
Une "Princesse au petit pois", "Barbe-Bleue", des chaussures enfilées comme des pantoufles de vair : le film est rempli de signes qui portent à penser qu’on n’est pas loin du conte de fées ?
"Vous avez remarqué ce fétichisme des chaussures ? Ce sont les miennes d’ailleurs que l’on voit dans l’appartement de Fanette. Trouver chaussure à son pied, et jusque dans le rêve, si le réel est terne... Beaucoup de choses empruntent au conte, mais on sent très bien ça chez Tonie : cette petite fille toujours en elle qui devait rêver à un univers enchanteur et peut-être éprouvant. "
Fanette visionne inlassablement son film de chevet, Elle et Lui, jusqu’à légèrement confondre la vie et le cinéma... On pense fugacement à Truffaut et puis, on se demande si vous avez ce rapport idolâtre, presque organique au cinéma…
"J’adore ça chez Fanette, elle s’épanouit dans la salle obscure, pénètre littéralement les personnages, vit, respire avec eux. Ça m’émeut. Elle n’est pas cinéphile, son rapport au cinéma est moins intellectuel, mais plus total. Moi, je peux aller au cinéma toute seule, même si je préfère être avec un ami ; j’ai vu certains films plusieurs fois : La Nuit du chasseur, La Splendeur des Amberson. Je crois que mon appétit en temps que spectatrice est intact. "
Elle et Lui en fait partie ?
"Je l’ai justement revu il n’y a pas longtemps et je suis retombée amoureuse de Cary Grant. C’est une idole. Plus élégant, plus irrésistible, c’est pas possible ! Et il a cette étincelle, ce truc dans l’œil. Être élégant et sexy, ça n’est pas donné à tout le monde ! En plus il était capable de faire l’andouille ! "
Propos recueillis par Elisabeth Quin
ENTRETIEN AVEC WILLIAMS HURT
Pourquoi avez-vous accepté de jouer dans ce film français, chose plutôt rare pour vous ?
"Le script m’a emballé ! La relation entre elle et lui. L’audace. La structure en deux parties franches. L’excentricité de cet homme et de cette femme. La nature de leur relation m’a rappelé tous les films d’amour que j’ai aimés. Ces deux êtres jouent avec le risque, ils n’ont rien à perdre, ou peut-être qu’ils ont tout à perdre, si la tranquillité et l’ennui de leurs vies d’avant peuvent passer pour un tout. J’ai aimé tout ça."
Un instantané de Matt ?
"Un photographe d’environ 48 ans qui a roulé sa bosse et fait le Viêtnam ; j’ai un frère qui lui ressemble, un photographe free lance qui connaît la précarité, la vie difficile, la compétition avec les imposteurs, ou les lâches qui acceptent qu’on dénature leur vision. Matt doit être intègre, mais il ne porte pas cette intégrité en bandoulière. Qu’on vienne à lui et on le trouvera. Il a décidé qu’il fallait rester ouvert dans son cœur ; quand il voit Fanette, il la reconnaît tout de suite."
Tourner avec Catherine Deneuve, c’était un fantasme ?
"Un rêve qui ne m’a pas déçu. La réalité était mieux que le rêve. Elle est une force classique, elle transcende les frontières du temps et de la géographie ; elle est pertinente, drôle, juste, manifeste une inlassable curiosité. Sa technique et son expérience m’ont bluffé parce qu’elle ne joue pas sur l’acquis, tout est souple et ouvert."
Que vous inspire une femme comme Fanette ?
"Amour. Instinct protecteur. Compréhension profonde.
Dans la première moitié du film elle cavale après cet amour avec nostalgie et elle assume cette nostalgie. Est-elle dérangée ou juste géniale ? Je ne sais pas, mais je sais qu’elle n’a rien à voir avec une Américaine !
Vous savez, elle et lui sont deux rebelles, mais sur un mode subtil, ils tentent de maintenir une joie profonde, très authentique dans leurs cœurs."
Propos recueillis par Elisabeth Quin
FICHE ARTISTIQUE :
Fanette :
Catherine Deneuve
Matt :
William Hurt
Bernard :
Bernard Le Coq
Lucie :
Hélène Fillières
Pierre :
Patrice Chéreau
Brigitte :
Nathalie Richard
Alain :
Gilbert Melki
La jeune femme du cinéma :
Emmanuelle Devos
Carole : Noémie Godin Vigneau
Mary Rafelson : Paulina Porizkova
Avec la collaboration affectueuse de François Arnal pour ses tableaux et dans son propre rôle
FICHE TECHNIQUE :
Une coproduction France - Canada - Espagne
Mise en scène :
Tonie Marshall
Scenario et dialogues :
Tonie Marshall et
Anne Louise Trividic d'après une idée originale de
Tonie Marshall
Image :
Agnès Godard
Son : Jean-Jacques Ferran, Béatrice Wick, Jean-Pierre Laforce
Décors : Pierre-François Limbosch - Ginette Robitaille
Costumes : Friquette Thevenet, Marielle Robaut, Ginette Magny avec une création originale de Jean-Paul Gaultier pour Mademoiselle
Catherine Deneuve
Montage : Jacques Comets
Musique originale : François Dompierre - Interprétée par Angèle Dubeau et la Pieta
Musique originale additionnelle : David Hadjadj et Jérôme Robotier "Le Labo Orchestra"
La chanson "Teu mi delirio" est interprétée par Étienne Daho
Producteurs : Pyramide Productions - Maïa Films - Tabo Tabo Films Fabienne Vonier - Gilles Sandoz -
Olivier Bomsel
Coproducteurs canadiens : Cinemaginaire Inc. Denise Robert et Daniel Louis
Coproducteurs espagnols : Lolafilms sa Andres Vicente Gomez
Coproducteurs : France 2 Cinéma, Havas Images, Gimages Développement
En association avec : Gimages 5
Avec la participation de : Canal+ et du Centre National de la Cinématographie
Avec le soutien de : Eurimages
Production exécutive : Tabo Tabo Films - Alain Peyrollaz
L’AVIS DE LA PRESSE :
CinéLive:
" Une comédie romantique inégale, empreinte de fantaisie et de merveilleux. Fragile, mais bourée de charme."
Sandra Benedetti (article entier disponible dans Cinélive n°63, page 54)
Studio Magazine :
" Au plus prés du paradis est une comédie romantique. Belle et tendre. Un film d'amour. Grave et mélancolique. Un conte de fées. Pour adultes et cinéphiles. Un film qui, tout en vous faisant sourire, vous fera pousser des soupirs à fendre l'âme. "
M.R. (article entier disponible dans Studio Magazine n°183, page 24)
Télérama :
Chaque scène du film se savoure comme un sketch doulouresement cocasse, centré sur les gaffes, les erreurs, les lubies de Fanette."
Marine Landrot (article entier disponible sur le site de
Télérama)