Pas évident de juger un premier film.
D’abord, parce que comme tout premier film, il est ambitieux, dispersé, motivé, engagé ; parce qu’il représente une aventure plus humaine qu’artistique, parce que voici portés sur grand écran «
du sang, de la sueur et des larmes », des envies et des espoirs.
Pas évident non plus de décrier les thématiques entrecroisées dans cette drôle de famille qui publie sa vie en
live sur le net : voyeurisme, exhibitionnisme, besoin de reconnaissance, honte, peur de la réalité, mensonge, déviance. Bienvenue dans le tragicomique bouillon de culture de notre société moderne où chacun se rêve en héros d’un jour.
Oui, difficile de critiquer un travail de mise en scène habité des deux côtés de la caméra (avec une mention spéciale pour le couple d’ados).
Et pourtant… difficile de tenir en place sur notre siège face à un objectif bien trop énervé pointant le ridicule tristement grotesque de toutes ces marionnettes paumées.
Ça crie, s’agite, moralise ou détruit ; ça se voudrait vivant… Ca l’est d’ailleurs, mais tout cela finit par nous fatiguer comme le ferait un enfant hyperactif. Dommage.
Eléonore Guerra