Qu’est-ce qui vous a décidé à incarner Anna M. ?
Le fait que ce soit un portrait intime, une histoire « intérieure ». L’histoire de quelqu’un de malade, mais dont la maladie n’empêche pas que l’on s’identifie à elle, que l’on comprenne son comportement. Un personnage qui pose dans le film une question clé : « Qu’est ce que j’ai de si différent de vous ? » Effectivement, Anna M.questionne sur ces pathologies, ces psychoses que nous avons tous en germe en nous, et qui se révèlent parfois lors de circonstances extrêmes. Il y a eu aussi un autre facteur décisif dans mon choix de faire ce film, c’est la violence. Je n’avais jamais joué jusqu’à présent une violence de cette intensité-là. Anna M. est certainement mon personnage le plus violent. Il y avait un vrai travail à faire. Il fallait que je sois crédible, moi qui ai un aspect, une image qu’on dit souvent très lisse, ou très douce, bien que cela ne soit évidemment pas toujours le cas dans la vie. Alors forcément, ce personnage, avec ses différents états de violence, avait tout pour m’attirer. J’avais envie de me confronter à ce qu’elle se fait subir, ainsi qu’à la manipulation mentale qu’elle impose aux autres.