Plus proche d’anciens films du réalisateur comme
Annie Hall que de ses derniers, le nouveau
Woody Allen se présente comme une comédie plus subtile que
Le Sortilège Du Scorpion De Jade ou
Hollywood Ending, mais reste malheureusement loin de chefs d’œuvres tels que
Manhattan ou
Hannah Et Ses Soeurs.
Avec moins de gags de situations et des dialogues plus travaillés, tout le charme de ce long-métrage réside dans de petits riens qui ont finalement une grande importance. Les personnages tout d’abord, originaux, à l’image d’Amanda, délurée et sympathique, "dont les hormones pourraient servir d’arme chimique au Pentagone". Les acteurs ensuite. Ici, ce n’est pas
Woody Allen qui est au centre du film mais le jeune couple formé par Jerry Falk et Amanda, tous deux merveilleusement interprétés par
Jason Biggs (littéralement révélé par ce rôle) et
Christina Ricci. Le personnage joué par
Woody Allen, David Dobel, représente en quelque sorte la conscience de Jerry, un côté à la fois paternel et amical, conseiller et psy, qui explique la vie à ce jeune écrivain. On reconnaît dans ce personnage un
Woody Allen à ses débuts, un jeune à qui il apprend le droit chemin afin qu’il ne commette pas les mêmes erreurs que lui.
Certains regretteront peut-être le manque d’humour de
Woody Allen d’une part, mais surtout de son cadet
Jason Biggs, dont le personnage est finalement assez neutre et plat. Mais rassurez-vous, pimenté par une
Christina Ricci aussi sensuelle que drôle, le film est loin de verser dans le drame… D’autres risquent de trouver l’histoire simple et peu originale. Elle l’est, mais se laisse regarder sans ennui. On y retrouve avec plaisir et simplicité tous thèmes chers au cinéaste : New-York bien sûr, l’art, le sexe, l’amour, et ces petites notes jazzy…
Quant à ceux qui verraient là une sorte d’œuvre-testament du grand Woody, qu’ils se rassurent tout de suite, le film de l’hiver prochain est déjà sur les rails… Et qu’on se le dise, ces petits rendez-vous annuels avec ce grand réalisateur new-yorkais ne sont finalement toujours pas pour nous déplaire.
Amélie Chauvet