Hollywood aime les qualifier de nouveaux enfants terribles du cinéma pop. Eux, se régalent du titre et en profitent pour se payer le luxe de faire tout ce qui leur passe par la tête. Qui les en blâmerait ? Oui, décidément,
Quentin Tarantino et
Robert Rodriguez sont les nouveaux enfants chéris du cinéma US. De là à en devenir les enfants gâtés, il n’y a qu’un pas… très facile à franchir.
Marcher par deux a ses avantages : plus de notoriété, de sous, d’idées, d’audace. Bref, c’est plutôt cool. Mais ça peut également avoir toutes sortes d’effets pervers : soit le plus doué des deux cache de son ombre les œuvres de son petit frère, soit cette aura déteint au point qu’elle profite aveuglément au moins doué des deux.
En ce sens, le cas Tarantino/Rodriguez est intéressant. D’un côté, le chouchou intégral depuis qu’il a explosé avec son
Reservoir Dogs. De l’autre, un réalisateur qui compte à son actif quelques coups bien sentis (
Desperado,
Sin City), mais aussi beaucoup de déchets (la série
Spy Kids et autres
LavaGirl,
Il était Une Fois Au Mexique). Pourtant, ils sont copains comme cochon. Toujours fourré sur le plateau de l’autre, même leurs copines font les boutiques ensemble.
Il n’y avait donc qu’eux pour se lancer dans un tel défi : remettre au goût du jour les films de série Z dans un double hommage extravagant : le projet
Grindhouse. Jusqu’ici, tout va bien pour les deux potes. Sauf que la sortie US est un four. Qu’importe, le film est scindé en deux et le
Boulevard De La Mort de Tarantino est sélectionné à Cannes. Les affaires reprennent les amis !
Deux mois et demi plus tard, c’est au tour de Rodriguez de passer son oral : voici donc le second pendant qui débarque sur nos écrans -
Planète Terreur - une histoire de zombies tueurs de jolies minettes.
Pourquoi cette introduction et cette présentation couplée pour ce film ? parce que malheureusement pour Rodriguez, l’ombre de Tarantino est décidément très coriace. Ok, ça part dans tous les sens, les héroïnes sont sexy et l’hommage aux grands films du genre est (très) appuyé. Ok, la micro intrigue est prétexte à toutes sortes de
private jokes plus ou moins réussies. Ok c’est sanglant, déjanté, bourré de caméos (
Bruce Willis,
Fergie des Black Eyed Peas ou Tarantino
himself) et tout le tralala…
Oui, oui, oui. Seulement le
mariachi Robert court derrière son
amigo Quentin et ça finit par se voir. Toujours plus gros, plus pop, mais long, lent et franchement pas exaltant. Alors oui, c’est rigolo de jouer à «
Et si on faisait comme… », mais l’exercice tourne vite court lorsqu’il ne repose sur rien de plus qu’une imitation. Du coup, tout est quand même tristement mou du genou.
Mais que Rodriguez ne se fasse pas trop de mouron : les multiples sorties DVD à venir (simple, double, collector, deluxe,…) devraient gommer tout ça.
Eléonore Guerra