Pour paraphraser Virginia Woolf évoquant le récit de
Carroll,
Alice "
n'est pas un film pour enfants mais plutôt un film par lequel nous devenons enfants". !
Cet univers est servi par des décors d’un graphisme et d’un chromatisme singuliers et remarquables dus pour l’essentiel à la femme-peintre de
Jan Svankmajer,
Eva Svankmajerova. Comme toujours chez Svankmajer, les objets y occupent une place centrale. Et ils se déploient dans les espaces labyrinthiques du film selon la logique des «"histoires à tiroir " » de
Carroll. Le corps d’
Alice, déjà soumis à supputation, l'est surtout à la règle de relativité des éléments qui l'entourent. Nous ne sommes pas dans un simple jeu de truquage, mais dans une logique où le truquage est au service (pour une fois) d'un véritable propos.