Laetitia Casta prête à Francesca sa force, sa fragilité, sa sensualité. Le rôle a été conçu pour elle dans l’idée de mettre en relief toutes ses qualités de comédienne et en faire le «véhicule» (comme on dit dans Variety) que sa riche personnalité réclamait. Mariée à un critique de cinéma (
Mathieu Amalric), Francesca se débat comme une superbe diablesse pour défendre sa famille harcelée par les proprios et les huissiers. Elle est l’âme de cette tribu indocile dont elle protège l’insouciance et la joie de vivre. Personne ne l’aide, ni Martin, trop charmant pour être un mari solide, ni son hôte et ami Adrien, un cinéaste qui ne pense qu’à son art et à lui-même. Lætitia Casta montre tout l’abattage d’une Sophia Loren en interprétant cette mamma couveuse à la mode napolitaine dont le corps somptueux est une invite au plaisir. Sans rien perdre de sa féminité et de sa séduction, Francesca potasse le droit, plaide elle-même devant les tribunaux pour sauver ce grand appartement dont dépend la survie des siens. Lætitia Casta a aimé ce rôle : «Mon personnage prend les choses en mains, dit-elle. Il se préoccupe de la législation, riposte. Une très jolie manière d’être une femme entreprenante. C’est vif, vivant et drôle.»