Ça brûle dans le cœur de Livia, une jeune adolescente aux cheveux de feu. Elle est en colère contre elle, contre les autres, contre un pays où elle ne se sent pas vraiment acceptée. Elle fait l’expérience de sa solitude, sans illusion, sans renoncement. Ses seules attaches sont, E.T son cheval (que son père finira par lui enlever) et Jean, un pompier qui l’aide après une mauvaise chute. Son cœur se consume… Elle essaie vainement de capter l’attention de cet homme marié en sillonnant sur son étalon les rues du village du sud. D’en haut, le monde est-il plus beau ? Ses sabots résonnent dans les ruelles. Elle est contemplée mais aussi irritante pour les jeunes du village. Le film explore une jeunesse du midi qui s’ennuie : les galères de scooter, les premières cigarettes, les premiers baisers…. Rien de très nouveau en soi, cependant les scènes de pérégrinations équestres sont exquises tant cette jeune fille insolente parfois violente incarne parfaitement le farouche.
Camille Varenne est excellente dans ce rôle de furie ardente.
On ne peut pas en dire autant de l’intégralité du film. Claire Denis s’est un peu trop laissé embraser par le mode allégorique du feu : le film finit par se calciner tout seul quand Livia brûle cette terre et cet homme. Par contre, les images du ciel enfumé, passant de l’ocre au pourpre et cette héroïne brûlante, errante entre les flammes, livrent une jolie turbulence de chaos poétique. Le rendu est donc réussi, mais le contenu se carbonise.
La fiction a du mal à s’envoler. Néanmoins, si vous avez une petite envie de mistral, une envie de sentir l’air du sud, ce film au romantisme sauvage vous évoquera peut-être les étés de votre adolescence.
Lise Chavanne