Blockbusters, rééditions au rabais, coffrets de séries TV des années 80, il arrive parfois que, en vous baladant dans les mornes rayons de votre DVDthèque préférée, l’ennui et la déprime vous prennent. Envie de changement ? Rendez-vous donc au rayon
indé et donnez un chance à ce très sobre, mais très beau coffret
A Scanner Darkly.
Même si le film, cruellement discret en salles, se suffirait à lui seul pour justifier votre choix, on est quand même bien contents de voir le traitement soigné auquel l’édition DVD a eu droit.
Disponible dans un
Coffret Prestige en édition limitée, le film de
Richard Linklater est, techniquement, honnêtement mis en valeur grâce à une compression sur galette plus que soignée et une bande sonore parfaitement respectée (merci, merci Thom Yorke !) en 5.1 DD uniquement en anglais. On ne va pas se plaindre !
Côté bonus, chez Warner, on a fait les choses bien. On commence par les passionnants
commentaires audio de Linklater, Reeves, Pallotta – qui nous renseignent sur le processus créatif, les conditions de tournage et la difficulté de rester fidèle au matériau d’origine ; mais aussi (et surtout !) ceux d’Isa Dick Hackett (la fille de l’auteur) et de l’historien spécialiste Jonathan Lethem qui donnent un réel crédit, une sorte de légitimité à leurs réflexions.
Une fois brillamment introduit de la sorte, on fait un tour du côté d’Austin grâce à un
making of détendu, un peu court, mais plutôt bien construit… présenté par Philip K. Dick
himself (document d’archive). Travail d’acteur, difficulté d’adaptation, mais aussi paranoïa, drogue et déviance politique, chaque intervenant (acteurs, réalisateur, filles de l’auteur et Dick lui-même) revient sur la riche complexité d’une des œuvres maîtresses de l’écrivain et longtemps réputée inadaptable. On retiendra la sincérité d’un
Woody Harrelson ou d’un
Rory Cochrane avouant leur incompréhension face à certaines scènes et leur désarroi d’interprète.
Pour finir, on plonge dans l’étonnant
Les Coulisses de l’Animation, histoire d’en prendre plein les yeux sur le style visuel si particulier du film. Fascinant, c’est également l’occasion d’entrevoir l’incroyable masse de travail abattue par les graphistes. Honnêtement, ça vaut le détour.
Sans oublier le « petit » plus de cette édition prestige : un exemplaire du livre de Philipe K. Dick "Substance Mort", véritable bijou de SF, d’anticipation paranoïaque et de micro étude de l’addiction. Franchement, après tout ça, on se sent carrément plus intelligent. Ça fait du bien de temps en temps…
Eléonore Guerra