Vous n’avez certainement jamais rien vu de semblable auparavant
Titre original : SCANNER DARKLY (Etats-Unis)
Genre : Animation, Science-Fiction - Duree : 1H40 mn
Distributeur : Warner Bros - Editeur DVD : Warner Home Vidéo
Sortie à la Vente en DVD le 14 Mars 2007
Sortie en salles le 13 Septembre 2006
Année de production : 2005
Présenté en Sélection Officielle, Un Certain Regard au Festival de Cannes le 25 Mai 2006
D'après le roman de Philip K. Dick
Résumé du film A Scanner Darkly
Dans une Amérique futuriste fascinante où tout le monde surveille tout le monde au nom de la lutte contre la drogue, Fred (Keanu Reeves), un agent des stups dont nul ne connaît l'apparence, dissimulée grâce à un « complet brouillé », cherche à remonter la trace d'une bande de dealers. De son côté, Bob se shoote à la substance D, la drogue qui vous crame le cerveau, en compagnie de ses amis zonards. En réalité, Fred et Bob ne font qu'un. Et lorsque le supérieur de Fred lui enjoint de surveiller Bob, soupçonné d'être le principal dealer de substance D, la situation devient franchement intenable…
9 vidéos : A Scanner Darkly
Notre critique : A Scanner Darkly
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Comme Au Cinema
En 1977 sort Substance mort, roman de science-fiction de l'écrivain américain Philip K. Dick. Dans cet ouvrage largement autobiographique, Dick évoque son contact avec le milieu de la drogue et tente - avec une maîtrise folle - de mettre en garde contre les ravages d’un fléau qui a déjà tué bon nombre de ses amis. Relatant sans détour le chaos de l’addiction dans une société futuriste hostile, le livre connaît un succès tant critique que commercial.
Un tel pedigree rendait une adaptation cinématographie certes fortement séduisante, mais néanmoins sacrément complexe. En effet, traiter visuellement – et de façon convaincante – des thèmes aussi subjectifs que l’addiction aux drogues, la paranoïa ou la folie ne se révélait déjà pas une mince affaire (rares sont ceux qui y sont magistralement parvenus : Darren Aronofsky ou Terry Gilliam), il fallait en plus picturaliser une société imaginaire, mais pas si futuriste que ça. Comment parvenir à rendre un film aussi fort et emblématique que l’était la nouvelle de Dick sans risquer de la trahir ?
Richard Linklater a trouvé l’idée de génie : l’animation. Ce n’est plus un secret pour personne, les films d’animation ont depuis longtemps gagné leurs lettres de noblesse auprès du public adulte, notamment depuis l’invasion manga. Si Akira avait ouvert la voie aux explorations métaphysiques - suivi de perles telles que Ghost In The Shell (qui inspira largement les frères Wachowski) ou Perfect Blue - la vague séduisit rapidement le reste du globe et même l’Hexagone avec le récent Renaissance. De plus, quel meilleur procédé pour aborder des thèmes de SF sans risquer de faire carton-pâte ou les méandres de l’esprit humain sans donner l’impression de vivre un mauvais trip ?
Culotté, Linklater fonce dans l’expérience en ayant en plus l’audace d’y associer un procédé visuellement aussi révolutionnaire qu’audacieux (cf. Notes de Production). Une chose est sûre : à l’écran, le résultat ne ressemble à rien de ce que vous avez pu voir auparavant. Non content d’avoir parfaitement respecté le matériau original – une intrigue à tiroirs dans laquelle réalité, mensonges et rêves sont dangereusement enchevêtrés – et de s’être entouré d’une pléiade d’acteurs « indies » (Robert Downey Jr. is back !), le réalisateur offre une véritable expérience audiovisuelle. Sur une bande son incroyable – supervisée par le leader de Radiohead, le spectateur est littéralement plongé dans le même trouble que les protagonistes : image, montage, rythme, etc. Petit à petit naît un sentiment d’oppression et d’étouffement parallèle aux différents modes et stades d’addiction et de folie. Le style visuel - méchamment familier – de cette société paranoïaque et suspicieuse provoque en plus de cruelles résonances dans notre civilisation actuelle rongée par la peur et le doute.
Au fur et à mesure qu’on plonge dans cette tragi-comédie moderne et terriblement vraisemblable, le malaise s’installe. On en a encore froid dans le dos.Eléonore Guerra
Vous n’avez certainement jamais rien vu de semblable auparavant
Critiques : A Scanner Darkly
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Studio Magazine
"Un film parfois drôle, souvent dérangeant, toujours fascinant. "
Béatrice Toulon (article entier disponible dans Studio n°226, page 28) -
L'écran fantastique
" (…) Un métrage au premier degré statique et bavard – mais souvent très drôle (…) "
Jean-Pierre Andrevon (article entier disponible dans L'écran fantastique n°268, page 20) -
Libération
" C'est certainement le plus fidèle au texte et à l'esprit dickien (…)"
Frédérique Roussel (article entier disponible sur le site de Libération) -
Le Monde
" (…) Une sensation de désorientation à la fois plaisante et inquiétante. "
Thomas Sotinel (article entier disponible sur le site du Monde) -
VSD
" Périlleux, le voyage n’en est pas moins captivant. "
(Article entier disponible dans VSD n°1516, page 53)
Les avis sur le film A Scanner Darkly
Caractéristiques du DVD
Bonus :
- Commentaires de Richard Linklater, Keanu Reeves, ISa Dick Hackett (fille de Philip K. Dick), de Tommy Pallota et de l'historien spécialiste de Philip K. Dick, Jonatan Lethem.
- Un été à Austin : le making of du film
- Les coulisses de l'animation
- BAnde-annonce
- Livre de Philipe K. Dick "Substance Mort"
- Commentaires de Richard Linklater, Keanu Reeves, ISa Dick Hackett (fille de Philip K. Dick), de Tommy Pallota et de l'historien spécialiste de Philip K. Dick, Jonatan Lethem.
- Un été à Austin : le making of du film
- Les coulisses de l'animation
- BAnde-annonce
- Livre de Philipe K. Dick "Substance Mort"
Notes Techniques
| Son | Image | Packaging | Menu | Bonus |
|---|---|---|---|---|
| 4/5 | 4/5 | 5/5 | 3/5 | 4/5 |
Test DVD

Même si le film, cruellement discret en salles, se suffirait à lui seul pour justifier votre choix, on est quand même bien contents de voir le traitement soigné auquel l’édition DVD a eu droit.
Disponible dans un Coffret Prestige en édition limitée, le film de Richard Linklater est, techniquement, honnêtement mis en valeur grâce à une compression sur galette plus que soignée et une bande sonore parfaitement respectée (merci, merci Thom Yorke !) en 5.1 DD uniquement en anglais. On ne va pas se plaindre !

Une fois brillamment introduit de la sorte, on fait un tour du côté d’Austin grâce à un making of détendu, un peu court, mais plutôt bien construit… présenté par Philip K. Dick himself (document d’archive). Travail d’acteur, difficulté d’adaptation, mais aussi paranoïa, drogue et déviance politique, chaque intervenant (acteurs, réalisateur, filles de l’auteur et Dick lui-même) revient sur la riche complexité d’une des œuvres maîtresses de l’écrivain et longtemps réputée inadaptable. On retiendra la sincérité d’un Woody Harrelson ou d’un Rory Cochrane avouant leur incompréhension face à certaines scènes et leur désarroi d’interprète.
Pour finir, on plonge dans l’étonnant Les Coulisses de l’Animation, histoire d’en prendre plein les yeux sur le style visuel si particulier du film. Fascinant, c’est également l’occasion d’entrevoir l’incroyable masse de travail abattue par les graphistes. Honnêtement, ça vaut le détour.
Sans oublier le « petit » plus de cette édition prestige : un exemplaire du livre de Philipe K. Dick "Substance Mort", véritable bijou de SF, d’anticipation paranoïaque et de micro étude de l’addiction. Franchement, après tout ça, on se sent carrément plus intelligent. Ça fait du bien de temps en temps…
Eléonore Guerra
Album de la bande originale sur Lakeshore Records
«Fog» De Thomas Yorke, Philip Selway, Jonathan Greenwood, Colin Greenwood et Edward O’Brien
Interprété par Radiohead
Avec l’aimable autorisation de Capitol Records
Sous licence EMI Film & Television Music
«Skttrbrain (Four Tet Remix)» De Thomas Yorke, Philip Selway, Jonathan Greenwood, Colin Greenwood et Edward O’Brien
Interprété par Radiohead
Avec l’aimable autorisation de Capitol Records
Sous licence EMI Film & Television Music
«Skttrbrain (Four Tet Remix)» De Thomas Yorke, Philip Selway, Jonathan Greenwood, Colin Greenwood et Edward O’Brien
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Du livre au film...
Dick, un auteur visionnaire
Depuis sa disparition, en 1982, Philip K. Dick a inspiré plus d’une demi-douzaine de films, dont Blade Runner de Ridley Scott, Total Recall de Paul Verhoeven et Minority Report de Steven Spielberg. Périodiquement réédité, «A Scanner Darkly» (en France : «Substance Mort») est l’un de ses trois best-sellers, mais seulement le second de ses romans adapté au cinéma.
Depuis sa disparition, en 1982, Philip K. Dick a inspiré plus d’une demi-douzaine de films, dont Blade Runner de Ridley Scott, Total Recall de Paul Verhoeven et Minority Report de Steven Spielberg. Périodiquement réédité, «A Scanner Darkly» (en France : «Substance Mort») est l’un de ses trois best-sellers, mais seulement le second de ses romans adapté au cinéma.
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