L’idée du film ADIEU, la réflexion qu’elle veut entraîner, est à la fois louable et symbolique d’un constat alarmant.
Arnaud Des Pallières, quelque peu humaniste, se donne pour but de nous révéler une certaine France en 2004 avec les incohérences de son système et l’inégalité frappante des droits entre français et émigrés.
Le contraste des deux histoires, celle de ces agriculteurs français sans problème face à un deuil, et celle d’un Algérien en danger dans son pays refusé en France, met en effet en exergue ces différences accablantes. Tout au long du film, des versions différentes découlent de ces thèmes pour renforcer le propos du récit et en souligner sa dimension « pseudo-intellectuelle ». À cela s’ajoutent le son et l’image, utilisés comme deux points de vue, eux-aussi différents, appuyés par la musique de Martin Wheeler. Malheureusement, tous ces effets accentués gâchent l’intention première du long-métrage d’
Arnaud Des Pallières, celle de nous bouleverser. Les scènes trop longues congestionnent le spectateur déjà impatienté par la lourdeur du récit et de ses symboliques embêtantes.
« Trop d’effets tuent les effets », et faute d’être tombé dans l’excès, le message « digne » du film se fait aussitôt oublier.
Nadège Fleury