En primant un film bouleversant de David André (réalisateur et producteur indépendant, ex-rédacteur en chef-adjoint pour l’agence Capa) consacré à la peine de mort aux Etats-Unis, Une peine infinie. Histoire d’un condamné à mort, et les reportages sur les talibans et la population afghane écrits entre août 2010 et mars 2011 par Emmanuel Duparcq (correspondant de l’AFP en Afghanistan et au Pakistan), les jurés du Prix Albert Londres nous donnent une fois encore à voir et à lire, le meilleur du grand reportage. Qu’il soit sociétal, humain, via le prisme d’un homme et sa famille face à la peine capitale aujourd’hui dans l’Amérique profonde, ou politique via les réseaux – toujours très vivaces – des Talibans et son impact toujours plus grand sur la population afghane . Le sort des hommes sous toutes les latitudes, avec cette idée propre à Albert Londres que « la liberté d’expression ne se négocie pas ».
Une Peine Infinie. Histoire D’un Condamné à Mort
Un film de
David André – 2010 – 80 min
En 1999, Sean Sellers, condamné à mort à l’âge de 16 ans, est exécuté en Oklahoma malgré les nombreuses protestations internationales. Quelques jours avant, le réalisateur
David André le filme dans les couloirs de la mort. Il rencontre également, lors de l’audience du recours en grâce, la famille de ses victimes qui réclame l’exécution, devant le condamné suppliant qu’on l’épargne.
Dix ans après sa mort, hanté par le souvenir de cette histoire, le réalisateur retourne en Oklahoma à la recherche des protagonistes qu’il a filmés. Procureur, gardiens qui ont exécuté le condamné, famille qui réclamait vengeance…
La route des talibans
Reportages pour l’AFP d’Emmanuel Duparcq – 2010-2011 – Livre de 36 pages
Les talibans, moribonds en 2005, ont aujourd’hui infiltré les 2/3 de l’Afghanistan. Qui sont les rebelles, et comment fonctionnent-ils ? Quels sont les réseaux qui leur ont permis de tenir tête à une force internationale de plus de 40 pays et 130.000 hommes ? Les sept premiers articles présentés leur sont consacrés. Du Pakistan à l’Afghanistan, des opportunistes mafieux à l’écolier idéaliste, de l’ancien du jihad à l’ingénieur rasé de près, la nébuleuse des néo talibans frappe par sa diversité, la force de ses réseaux et sa capacité à s’immerger dans la société afghane, remplissant un vide que ni les Occidentaux ni leur allié du gouvernement n’ont su combler.
Les quatre dépêches suivantes présentent d’autres visages de l’Afghanistan d’aujourd’hui, passagers anonymes d’une société tourmentée par l’incertitude et balayée par des vents contraires. Il y est question de chrétiens persécutés, d’une élection qui sent l’argent, de clowns désabusés, de burqa sur des skis. Instantanés d’une société qui n’attend pas la résolution du conflit pour évoluer, vers des horizons que l’on pourra juger effrayants ou porteurs d’espoirs.