Pour beaucoup,
Alexandre s'était révélé plus décevant que réellement Grand lors de sa sortie en salle. Les fans avaient pointé un doigt rageur vers son créateur, en se demandant où était passé le réalisateur de
Platoon et de
Tueurs Nes. Heureusement, le DVD donne aujourd'hui une nouvelle chance à cet
Alexandre - même plus : une formidable renaissance.
Disque 1 :
Au vu des (trop) vives réactions lors de sa sortie ciné,
Alexandre n'avance pas vraiment en terrain conquis. Pourtant, dès la vision de son
magnifique packaging beige, tel un parchemin parsemé de citations et agrémenté d'un livret, les préjugés et les souvenirs s'effacent pour laisser place à l'enthousiasme. Un sentiment qui ne peut que s'amplifier avec la
présentation des menus : dans les mêmes tons pastels, et gardant cette thématique du parchemin, les images défilent, des écritures anciennes apparaissent en filigrane, la musique s'accentue, le vent, les cris et le souffle des chevaux inondent la pièce. Les transitions sont courtes, magiques.
Alexandre est venu, et il a vaincu.
Dès les premières images du générique, on comprend à quel point
le rendu visuel est impeccable. Parfaitement nettes et resplendissantes, les images déploient une palette de couleurs assez incroyable, les contrastes sont très bien équilibrés, la luminosité et la profondeur de champ exceptionnelles. Des scènes de bataille en infra rouge au sable chaud du désert, le transfert est idéal et fidèle aux moindres détails.
Le rendu sonore est loin d'être en reste, puisque les deux pistes proposées sont parfaitement reparties, dynamiques et équilibrées. Du souffle du vent au choc des armes en passant par les cris et les pleurs, chaque son résonne comme un tremblement de terre.
A découvrir également sur le Disque 1, le
commentaire audio du réalisateur, petite mise en bouche aux suppléments du Disque 2. Jamais avare de détails,
Oliver Stone nous confie son tournage, avec anecdotes et souvenirs, n'oubliant jamais de souligner le travail de son équipe. Passionné et passionnant, le cinéaste sait trouver les mots pour capter l'attention et surtout sait rester humble et sincère devant son oeuvre.
Disque 2 :
« Certains de mes films ont détruit ma vie. » Des paroles graves qui jalonnent le
making-of - un terme qui définit assez mal le véritable film de Sean Stone, le fils d'
Oliver Stone. Nous plongeant au cœur même de l'histoire d'
Alexandre, ce vibrant hommage mêle images du tournage, trucages, détails insolites, coulisses des réunions de production, découverte du film sur grand écran, témoignages de l'équipe - et surtout confidences d'un père à son fils.
Oliver Stone revient ainsi sur sa carrière, ses films, sa vie, se révélant stressé, craintif, avec son bloc notes complètement barbouillé.
Le fils sait pourtant rester objectif et choisit de mettre de côté les passages de crèmes trop souvent obligés.
« Je veux juste comprendre ce qu'il fait depuis des années, et comment, en 90 jours, il va pouvoir retranscrire toute la vie d'un homme. » Agrémenté de phrases du fils et paroles du père en voix off, ce véritable document est humainement poignant, et cinématographiquement très enrichissant : on vibre, on pleure, on angoisse à côté d'eux.
Petite déception en revanche côté
interviews, beaucoup moins passionnantes et surtout plus traditionnelles. Avis sur les personnages, l'Histoire, le cinéaste, jet de fleurs et quelques répétitions au programme de réponses sans questions en plan fixe, et hachées au couteau - le montage, très sec, coupe presque à chaque fois la fin des phrases des intervenants.
A découvrir en revanche le
documentaire sur Alexandre Le Grand si le film d'
Oliver Stone vous a donné envie d'en savoir plus… Une petite leçon d'histoire pour tenter de savoir qui était vraiment Alexandre, stratège de génie ou tyran sanguinaire…
Un splendide coffret DVD qui donne enfin toute sa grandeur à cet
Alexandre. Un roi qui a aujourd'hui toutes ses chances de conquérir le monde entier…
Aurélie Maulard