ALEXANDRE : Notre Rencontre Avec Oliver Stone, Angelina Jolie Et Colin Farrell !

ALEXANDRE : Notre Rencontre Avec Oliver Stone, Angelina Jolie Et Colin Farrell !
A l'occasion de la promotion d'ALEXANDRE, le réalisateur Oliver Stone était de passage à Paris, accompagné de la belle Angelina Jolie et du comédien Colin Farrell. L'occasion d'une rencontre avec la presse dans un grand palace parisien. Morceaux choisis...

Résumé du film ALEXANDRE : Notre Rencontre Avec Oliver Stone, Angelina Jolie Et Colin Farrell !

A l'occasion de la promotion d'ALEXANDRE, le réalisateur Oliver Stone était de passage à Paris en décembre 2004, accompagné de la belle Angelina Jolie et du comédien Colin Farrell, qui incarne Alexandre le Grand à l'écran. L'occasion d'une rencontre avec la presse dans un grand palace parisien. Histoire, politique, cinéma et arts étaient au menu de la conférence de presse… Morceaux choisis.



La Plus grande histoire jamais contée
Oliver Stone :
"Je travaille sur ce film depuis 1989 mais à chaque fois que je commençais à m'y consacrer, je devais passer à autre chose car je rencontrais un véritable problème d'un point de vue narratif : je n'arrivais pas à transformer la vie d'Alexandre en trois actes qui sont des donnes fondamentales pour tous les romans et tous les films. La vie d'Alexandre n'est pas faite en trois actes. Elle est pleine de rebondissements, de nombreux hauts et de nombreux bas. C'est une vie tellement gigantesque. Comment la retracer en trois heures ?
Si ce film avait été fait à la manière habituelle d'Hollywood, vous pouvez être sûr qu'un habile faiseur de film aurait pris Brad Pitt ou Russell Crowe dans le rôle titre puis il aurait transformé l'histoire d'Alexandre en une vengeance : le père d'Alexandre est tué et il part le venger… Moi j'ai tenu à raconter la véritable histoire d'Alexandre. Dans mon film, et dans la vie d'Alexandre, il n'y a pas de véritable méchant. C'est un vrai drame grec, entendez par là que c'est lui le méchant.
C'était très important pour moi de faire ce film car cette histoire n'avait jamais été racontée au cinéma (sauf dans la version de Robert Rossen avec Richard Burton mais qui ne s'attarde pas sur les plus grands événements de la vie d'Alexandre), ni en livre. Pourtant, Alexandre a eu la vie la plus incroyable. Vous vous rendez compte que ce type, à 29 ans, avait conquit la moitié du globe pour essayer de devenir le roi du monde ?

Le Casting - Olympias
Angelina Jolie :
"Le personnage d'Olympias, la mère d'Alexandre de Macédoine, était vraiment très intéressant à jouer et c'était un rôle magnifique. Oliver (Stone) m'a fait connaître ce personnage tellement fort. L'accent, c'était un peu l'"outsider" du rôle. J'ai en effet voulu qu'elle parle avec un accent qui soit un mélange de différentes régions du monde.
C'est vrai que je suis habituée aux rôles bien plus physiques comme Lara Croft. C'était assez difficile de devoir rester tout le temps dans cette chambre [ndlr: la plupart des scènes avec Angelina Jolie se déroulent dans une chambre plein de serpents !]. Ça a été d'autant plus dur que j'aurais bien aimé faire mordre la poussière à plusieurs acteurs du film (Rires).
Maintenant que je viens d'avoir mon brevet de pilote de ligne, j'espère bien m'en servir dans l'un de mes films.

Le Casting - Alexandre
Colin Farrell :
"J'ai beaucoup travaillé mon apparence physique. J'ai commencé à m'entraîner trois ou quatre mois avant le tournage. On a travaillé militairement pour que je sois le plus apte physiquement."
Oliver Stone :
"Un acteur n'est pas un soldat et ne pourra pas le devenir par le biais de l'Actor's studio. Je pense que si un comédien doit interpréter un soldat, il doit faire une formation... de soldat."
Colin Farrell :
"J'ai mis un certain temps à m'habituer à la couleur de mes cheveux…"
Oliver Stone :
"Alexandre voulait ressembler le plus possible aux Olympiens qui étaient blonds. La couleur de ses cheveux, c'était du jaune qui tirait vers le roux comme d'ailleurs les macédoniens. C'était important de respecter cette couleur (qui peut paraître un peu kitch aujourd'hui) car elle montrait bien cette volonté d'unir les races.

Alexandre & Olympias
Angelina Jolie :
"Colin et moi ne nous connaissions pas avant le tournage. En tant qu'actrice, c'est très stimulant de jouer avec quelqu'un que je ne connais pas personnellement, surtout lorsque je dois interpréter sa mère.
Les premiers jours de tournage ont vraiment été bizarres… On a si peu de différences d'age. Je pense que Colin et moi avons du y ajouter une connotation incestueuse mais pas forcément consciemment comme lorsqu'un homme et une femme du même age doivent partager quelque chose d'aussi intime et ce en huis clos. "
Colin Farrell :
"En effet, je ne crois pas qu'il soit question de sexualité dans les rapports entre Olympias et Alexandre."

Films d'auteur & Blockbuster
Colin Farrell :
"Dans ma carrière, je choisis d'alterner les films commerciaux et des films d'auteur. J'aime tout explorer, y compris au théâtre. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de délivrer des émotions, que ce soit dans ma vie privée ou professionnelle. Et c'est ce que j'essaie de faire avec le cinéma, que ce soit sur des grosses machines ou dans des petits films d'auteur.
Dans tous les cas, je préfère mélanger les genres, je ne me vois pas étiqueté dans l'une des deux catégories. Et puis je ne veux pas rester tout le temps prisonnier du cinéma d'auteur. Je ne veux pas baser ma vie sur la peur de remettre ma carrière en jeu à chaque nouveau film.
Et l'avantage avec ALEXANDRE, c'est d'avoir pu faire un film d'auteur avec les moyens d'un Blockbuster.

L'homosexualité
Oliver Stone :
"La représentation de l'homosexualité est, dans mon film, volontairement bien plus explicite que dans la plupart des péplums où elle est présente à travers les attitudes des personnages ou les costumes. Je ne voulais pas seulement la représenter par l'apparence (l'"outside"), comme c'est souvent le cas au cinéma, mais de l'intérieur (l'"inside"). A l'époque, c'est un concept, une forme d'amour différente et courante. Ceci étant dit, j'ai tenu à ce que l'homosexualité ne soit pas le sujet du film mais uniquement une partie de l'histoire.
Dans mon film, on peux interpréter le personnage d'Alexandre comme étant bisexuel, d'autant que j'ai tenu à donner un caractère hermaphrodite à sa femme, Roxane (interprété par Rosario Dawson). J'ai cherché à développer la sexualité plus que dans les autres péplums car Alexandre a repoussé les limites de la sexualité. Du coup, j'ai été censuré aux Etats-Unis.
Les Américains n'ont vu que l'homosexualité d'Alexandre, qui est en fait un amour comme le concevait les grecques. A l'époque, il n' y avait rien d'inhabituel à ça. Mais les Américains se focalisent sur un détail et en oublie toute l'Histoire. Ils font exactement la même chose pour la politique. Ils se fichent de savoir ce que fait leur président du moment qu'il a une sexualité tout ce qu'il y a de plus normale.

Une version courte en dvd ?
Oliver Stone :
"La version de 2h50 que vous allez découvrir en salles est ma version officielle d'ALEXANDRE et j'en suis très fier. J'aurais franchement aimé que le film soit un peu plus court ! Mais vous savez, la vie d'Alexandre est tellement riche et passionnante que l'on ne pouvait pas faire mieux.
Cependant, je risque de vous surprendre car à un moment où l'on veut toujours proposer des versions longues en dvd, je risque de sortir une version plus simple et plus courte d'ALEXANDRE pour le dvd américain. En effet, le public américain n'aime vraiment pas perdre du temps et ne supporte pas les scènes de dialogues entre les scènes d'action. Donc je vais écourter les séquences entre Angelina et Colin qui ponctuent le film."

Alexandre n'a pas conquis l'Amérique
Oliver Stone :
"Nous avons enchaîné 12 avant-premières dans 12 pays différents et le film a généré un certain intérêt. En Turquie, il y a une comédie qui est numéro un mais ALEXANDRE est juste derrière.
Je suis très déçu que le film n'ait pas été un succès aux Etats-Unis mais je pense qu'il va pouvoir se rattraper grâce au dvd.
Et même si peu d'Américains le voient, je pense que ce film a sa place et son importance. Il va laisser une trace cinématographique de l'histoire d'Alexandre le grand. Le problème avec les Américains c'est qu'ils n'étudient pas les classiques. En France, vous n'avez pas du tout le même rapport, la même culture, les Américains ne sont pas bien avec eux-mêmes, ils se cachent la vérité. Par exemple, un Américain ne verra jamais la connotation sexuelle de l'Empire state Building.
C'est dommage car il y a évidemment un parallèle à faire entre le monde d'Alexandre et la situation actuelle : les Etats-Unis essaient aussi de construire un véritable empire au Moyen Orient.
Alexandre a toujours gardé en lui l'esprit grec, il souhaitait mélanger l'Est et l'Ouest et non imposer sa culture. Il voulait créer une race gouvernée par un seul roi. Il a presque réussi. Il aimait les gens et il a même créé une nouvelle race. Il voulait en faire une armée dont il aurait été le roi. Je ne crois pas que Georges Bush soit animé des mêmes intentions…"

=> Voir la fiche complète d'Alexandre

Propos recueillis par Matthieu Perrin (Paris, Décembre 2004)

Les avis sur le film ALEXANDRE : Notre Rencontre Avec Oliver Stone, Angelina Jolie Et Colin Farrell !

 
 
     

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