Lorsque j'étais étudiant en scénario, je me voyais proposer un exercice courant : inventer des circonstances à des passagers de bus. Les traits physiques, l’apparence, les mimiques, les postures... Tout faisait sens : celui qui regardait furtivement autour de lui craignait par exemple d'être reconnu secrètement. La jeune femme qui pleurnichait venait, elle, d’apprendre une mauvaise nouvelle. Celui qui piquait du nez avait, quant à lui, besoin de rêver. Je posais sur eux, comme sur des mannequins dénudés, une histoire à part entière.