Un film de
Eva Gardos, avec Nastassja Kinski,
Scarlett Johansson,
Tony Goldwyn, Mae Whitman, Larisa Oleynik.
SYNOPSIS :
En 1950, Margit et Peter, un couple d'intellectuels hongrois en butte aux persécutions communistes, décident de fuir leur pays. Pour faciliter cette évasion à haut risque, ils confient leur bébé, Suzanne, à sa grand-mère, censée assurer son transfert à Vienne sous 48 heures. Margit et Peter réussissent à passer la frontière, mais la vieille dame est arrêtée et contrainte de se séparer de Suzanne, qu'elle remet à un couple sans enfants, Teri et Jeno.
Suzanne grandit à la campagne et connaît une enfance paisible et choyée, jusqu'à l'âge de six ans, où elle se voit brutalement arrachée à ses parents adoptifs et embarquée dans un avion à destination de la Californie, où Margit et Peter ont refait leur vie et attendent impatiemment son arrivée.
La fillette se découvre alors une famille dont elle ignorait jusqu'à l'existence, en même temps qu'elle doit affronter un monde inconnu, adopter un nouveau style de vie radicalement différent. Coupée de ses racines, profondément désorientée, elle ne tarde pas à souffrir de l'attitude hyper-protectrice de ses parents, qui s'accentuera d'année en année au rythme de sa propre rébellion.
A quinze ans, au plus fort de cette crise identitaire, Suzanne demande à revoir ses parents adoptifs, et retourne pour la première fois en Hongrie pour voir enfin clair en elle-même et régler ses comptes avec le passé…
L’AVIS DE LA REDACTION :
AMERICAN RHAPSODY constitue un beau témoignage de la part de la réalisatrice/scénariste Eva Grados. Elle pose des problèmes existentiels, comme l'exil, le choc des cultures et des générations, le poids du passé... Mais, voilà tout.
AMERICAN RHAPSODY est composé de trois actes. Le premier nous fait vivre la fuite de la Hongrie communiste de Margit, Peter et de leur fille aînée Maria, ainsi que leur douloureuse séparation avec Suzanne. Le deuxième débute avec l'arrivée de la fillette en Amérique et sa découverte douloureuse d'une nouvelle famille et d'un nouveau pays. Le troisième, qui aurait du être la partie la plus importante, retrace le retour aux sources de Suzanne, retour rendu nécessaire par son mal de vivre grandissant. Mais, cette dernière partie est bâclée.
D'ailleurs, le principal reproche que l'on pourrait faire à ce film est la facilité avec laquelle, il traite les problèmes posés. Afin de montrer la différence entre la Hongrie oppressante et l'Amérique salvatrice, l'image devient en couleur lorsque la famille passe la frontière entre la Hongrie et l'Autriche, signe du début d'une vie meilleure.
Le choc des générations entre cette mère paranoïaque et étouffante et cette adolescente rebelle et en manque de repères est également traité de façon superflue.
Quant au choc des cultures, il est souvent traité de façon caricaturale. C'est par exemple le cas lorsque cette petite fille perdue coiffée d'un foulard troué et vêtue d'une robe confectionnée par sa mère de Hongrie se retrouve en face d'une grosse Américaine en robe de chambre qui lui dit :
"Je sais qui tu es, tu es la petite communiste de Tchécoslovaquie".
Enfin, le malaise de Suzanne et de sa mère et leur impossibilité à communiquer est trop simplement, et vite réglé. Eva Grados nous apporte la solution sur un plateau d'argent : un voyage en Hongrie de Suzanne et la reconstitution de son passé. A son retour, tout s'arrange comme par magie. On comprend alors la 'morale' du film : "notre passé nous façonne" et pour avoir un futur, il faut un passé. Le sentiment que l'on ressent en sortant de la salle est donc mitigé. Le film est séduisant mais n'a rien d'exceptionnel. Il est pourtant, doté d'un casting aussi convaincant sur le papier que sur l'écran. On fini par se dire qu'il ne s'agit que d'un témoignage de plus sur la guerre froide, certes courageux et émouvant, mais loin d'être inoubliable.
Caroline Mathivet
NOTES DE PRODUCTION :
Armée de ses souvenirs et d'une caméra, la scénariste/réalisatrice
Eva Gardos retrace dans AMERICAN RHAPSODY ses années d'enfance et d'adolescence, de la Hongrie communiste à la Californie des sixties.
Cette dramatique odyssée n'est pas seulement un hommage au Nouveau Monde, mais aussi, et surtout, un film sur la liberté, la découverte et l'apprentissage d'une culture inconnue, le prix inestimable d'un foyer et d'une vraie famille.
Ancré dans l'expérience intime de la cinéaste, qui signe ici son premier film, AMERICAN RHAPSODY est un témoignage profondément émouvant qui s'adresse à tous ceux qui se sont jamais sentis perdus ou abandonnés ou qui se sont jamais interrogés sur le sens du "chez-soi".
La décision d'écrire et réaliser AMERICAN RHAPSODY fut un acte de courage exceptionnel de la part d'
Eva Gardos. A l'origine, celle-ci n'avait qu'une vague connaissance des circonstances dans lesquelles ses parents avaient fui la Hongrie. Elle mesurait les dangers auxquels ils s'étaient exposés et savait qu'ils avaient dû se résoudre à l'abandonner pour ne pas être capturés. Mais, à l'âge adulte, elle avait, comme la plupârt d'entre nous, laissé derrière elle les souvenirs de sa tumultueuse enfance. Des souvenirs qui affluèrent en masse sitôt qu'elle décida de leur consacrer un film…
Eva Gardos :
"Nous nous efforçons tous d'oublier les moments pénibles qui ont marqué notre enfance. Pour faire ce film, j'ai dû me les remémorer et leur redonner vie. La tâche était parfois si rude qu'elle mobilisait toutes mes forces et tout mon courage."
Ce difficile voyage s'amorça lors d'une "retraite" dans la résidence d'Eleanor Coppola.
LE REALISATRICE/SCENARISTE Eva Gardos :
AMERICAN RHAPSODY est le premier film écrit et réalisé par
Eva Gardos, qui en a puisé la matière dans les souvenirs de jeunesse et a remporté pour son scénario le prestigieux Hartley-Merrill International Screenwriting Award 1998.
Née dans un petit village hongrois,
Eva Gardos grandit derrière le Rideau de Fer et dut attendre l'adolescence pour rejoindre sa famille aux Etats-Unis sous l'égide de la Croix Rouge. Elle découvrit alors ses premiers films, tomba instantanément amoureuse du cinéma et fit son apprentissage auprès de Hal Ashby et Francis Coppola avant de monter, notamment,
Mask de Peter Bogdanovich,
Barfly de Barbet Schroeder,
Valley Girl de Martha Coolidge,
Under The Cherry Moon de Prince, et, plus récemment,
Bastard Out Of Carolina et
Agnes Browne d'Angelica Huston,
Miniszter Felrelep pour le producteur Andrew Vajna, etc.
Eva Gardos a remporté le Cable ACE Award du meilleur montage sur le téléfilm
Wiesenthal, qu'interprétait
Ben Kingsley. Elle a fini récemment le montage de
In The Time Of The Butterflies avec
Salma Hayek pour Showtime et a mis en chantier divers projets en tant que réalisatrice, dont
Body And Paint et une adaptation du livre "Above Suspicion", que produira Coleen Camp.
FICHE ARTISTIQUE
Nastassja Kinski : Margit
Scarlett Johansson : Suzanne
Tony Goldwyn : Peter
Mae Whitman : Maria jeune
Ágnes Bánfalvy : Helen
Zoltán Seress : George
Zsuzsa Czinkóczi : Teri
Balázs Galkó : Jeno
Larisa Oleynik : Maria à 18 ans
Lisa Jane Persky : Pattie
Colleen Camp : Dottie
Emmy Rossum : Sheila
Kelly Endresz-Banlaki : Suzanne à 6 ans
Éva Szörényi : Eva
Kata Dobó : Claire
L’AVIS DE LA PRESSE :
Studio :
" Un film touchant et sincère "
(article entier disponible dans Studio Magasine n°175, page 28)
Première :
" Ce couplet-cliché sur le conflit des générations se double du refrain connu sur le choc des cultures "
(article entier disponible dans
Première) n°299, page 32)
CinéLive:
" Drôle de drame que cette page autobiographique où les quelques jalons imposés de la réalité affadissent la trajectoire de ce destin extraordinaire. "
(article entier disponible dans Cinélive n°54, page 48)