La première fois que j’ai vu
Alix Delaporte, c’est en allant voir le court-métrage qu’elle avait fait avec
Clotilde Hesme. Et puis elle est venue nous voir jouer, Clotilde et moi, dans une pièce de Crimp, et j’ai su, plus tard, qu’elle m’avait bien aimé. Est-ce qu’elle a écrit Tony en pensant un peu à moi ? C’est toujours prétentieux de dire ça. Mais quand j’ai dit à Clotilde, un jour, que j’avais rendez-vous avec Alix, elle a poussé un soupir, du genre « Enfin ! ». Elle savait tout depuis longtemps, elle ne m’avait rien dit. J’ai lu le scénario d’Angèle et Tony; j’ai toujours du mal à dire pourquoi j’aime ou je n’aime pas, mais je sais que ce qui m’a plu, c’est que ça parlait de gens que je connais. J’ai grandi en Normandie, entre Fécamp et Rouen, et j’ai connu des gens qui auraient pu être pécheurs. Des gens durs, un monde qui n’est pas celui de la ville : il y avait ça dans le projet. Et puis je voyais le personnage, c’est-à-dire qu’il me paraissait évident, je voyais ses « engrenages », je voyais bien de quelle fenêtre il regardait le monde.