Lorsque l’histoire d’Alan Conway, l’homme qui se faisait appeler Kubrick, sort en salles début 2006, le film ne fait pas l’unanimité parmi la critique. Si l’interprétation de
John Malkovich est largement encensée, on reproche à la comédie d’être un enchaînement de scènes qui se ressemblent.
Malheureusement, on peut en dire autant du dvd malgré des prestations techniques soignées. Le graphisme original de la page de menu et la navigation simplifiée marquent un bon point, la définition de l’image n’est pas parfaite mais de qualité suffisante pour un film à prétention psychologique et nul besoin de la télécommande pour régler le son toutes les cinq minutes. Ce dernier est finement monté et met d’autant plus en valeur les génialissimes chansons empruntées à la filmographie de
Stanley Kubrick, qui viennent naturellement s’intégrer aux plans. Cependant, le film, essentiellement soutenu par
John Malkovich, ne saurait être regardé autrement que dans sa version originale ; le doublage français ne restituant que partiellement l’émotion que l’acteur anglo-saxon fait passer dans sa voix. Dans la VF, le film perd de sa crédibilité et John de son charisme.
L’aspect technique est donc plutôt réussi contrairement aux bonus qui restent très anecdotiques. Dans son interview plus soporifique que jamais,
John Malkovich n’aborde que la psychologie de son personnage, tandis que le Making Of baptisé
Dans la peau d’Alan Conway est une redite du film. S’il nous laisse apercevoir quelques scènes de tournage, il se résume à un continuel émerveillement devant le tour de passe-passe effectué par Alan Conway. On s’attendait à se faire conter les récits du tournage et entendre parler du fabuleux, du vrai Kubrick avec qui le réalisateur
Brian Cook a travaillé, mais il semblerait que Stanley ne soit qu’une entité bienveillante qui plane sur le film.
Gwendoline Jamesse